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Histoire d’un périple

vendredi 30 août 2002, par Joëlle Palmieri

Etre journaliste au sommet de la Terre de Johannesburg relève d’une véritable prouesse. Phase accréditation : pas de problème, si on a tout envoyé en amont. Sauf qu’il en faut une par lieu (il y en a trois), donc trois attentes. Mais bon, ça passe. Là où cela devient plus intéressant c’est quand on cherche l’information et surtout quand on essaie de la diffuser.

Etre journaliste au sommet de la Terre de Johannesburg relève d’un véritable prouesse. Phase accréditation : pas de problème, si on a tout envoyé en amont. Sauf qu’il en faut une par lieu (il y en a trois), donc trois attentes. Mais bon, ça passe. Là où cela devient plus intéressant c’est quand on cherche l’information et surtout quand on essaie de la diffuser.

Prenons l’hypothèse que nous avons une source d’information à traiter. Bien. Deux solutions s’imposent. La première : on a emmené son portable (qui intègre évidemment un clavier français, tous les ports possibles et inimaginables pour être connectés à internet) et on souhaite le connecter au réseau pourvu à cet effet par l’Onu que ce soit à Sandton ou à la Nasrec. L’affaire se complique alors. Quel que soit le lieu, il faut payer une ligne de téléphone à Telkom (compagnie de téléphonie privée), dont les bureaux sont bien installés dans les deux salles de presse. Plus exactement, il faut prendre un crédit d’unités, c’est-à-dire verser en avances des dizaines de rands, pour enfin avoir un compte, qui va nous permettre de téléphoner.

Et alors, comment connecter votre portable à la ligne commutée ? Et bien, il faut avoir un fournisseur d’accès. Ok. Pas question d’utiliser le nôtre, français, sinon les communications vont coûter bonbon, donc on se met en quête d’un fournisseur sud-africain. Et là, c’est la tragédie. Il faut avoir un compte dans une banque sud-africaine. Alors seulement, on peut supposer pouvoir appeler le provider pour qu’il nous ouvre un compte. Payant bien sûr.

Imaginons qu’on soit assez finaud-e pour extirper les paramètres de connexion locale (identifiant, mot de passe, n° de téléphone du provider, serveur smtp) à un gentil technicien. Pas mal ! Malheureusement, l’étape suivante achève. Le type de fil utilisé par la ligne commutée n’est pas compatible. Le modem ne reconnaît pas la porteuse… et les techniciens ne peuvent rien faire. On respire par la bouche et on tente la deuxième solution. Celle qui consiste à utiliser les nombreux ordinateurs mis à la disposition des journalistes, qui pour certains n’ont pas de clavier, servant uniquement au suivi des négociations – version officielle. Emparons-nous donc de ces PC munis de claviers, évidemment Qwerty, et donc sans accent. Rien ne nous arrête, nous nous précipitons sur notre traitement de texte préféré, W…de la fameuse multinationale M…, pour paramétrer la machine avec un clavier et un dictionnaire français. Et là, les bras nous en tombent. Les dictionnaires autres qu’anglais ne sont pas disponibles…Les accents, non accessibles…
La paranoïa rôde. Nous empêcherait-on de diffuser nos informations ? Nous metterions-nous des bâtons dans les roues ? N’essayerions-nous pas de nous épuiser ? Même si toutes ces angoisses n’avaient aucun fondement, le fait est qu’on est crevé-es, et qu’émettre des informations au quotidien relève du miracle !

P.-S.

Apress- 29 août 2002

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