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Femmes et partage de la manne pétrolière au Nigéria

samedi 31 août 2002, par Manue

Un groupe de six cents femmes non armées qui occupaient le terminal pétrolier de ChevronTexaco à Escravos au Nigéria a obtenu gain de cause mi-juillet après une semaine de siège non violent qui a bloqué les opérations de la compagnie. L’action a démarré lorsque les villageoises ont reçu, en colère, un communiqué de la compagnie les invitant à envoyer des représentants à la réunion prévue entre les chefs tribaux et les pétroliers dans la ville voisine de Warri.

Un groupe de six cents femmes non armées qui occupaient le terminal pétrolier de ChevronTexaco à Escravos au Nigéria a obtenu gain de cause mi-juillet après une semaine de siège non violent qui a bloqué les opérations de la compagnie. L’action a démarré lorsque les villageoises ont reçu, en colère, un communiqué de la compagnie les invitant à envoyer des représentants à la réunion prévue entre les chefs tribaux et les pétroliers dans la ville voisine de Warri. « Ils veulent que nous discutions avec les dirigeants de la communauté qui sont des hommes et qui vivent en ville à Warri, qui ne savent pas ce que nous vivons ici. Si Chevron ne vient pas ici discuter avec nous, nous ne laisserons pas sortir leur personnel ». L’accord conclu entre la compagnie américaine et les représentantes des communautés Ugborodo et Arutan prévoit d’embaucher 25 personnes dans les 5 ans à venir, de construire une mairie et des écoles, d’alimenter les villages en eau et en électricité et d’aider les femmes à construire des structures d’élevage de volaille et de poisson. Le partage est maigre si l’on considère les millions de bons gros dollars que rapporte le terminal à ChevronTexaco chaque année, mais la morale de l’histoire, c’est que ce que les dirigeants politiques aplatis par la soumission gluante aux puissants ne savent pas faire, les femmes, elles, le font ! Sans violence, mais non sans humour : leur seule arme était la menace de se déshabiller en public si les forces de sécurité se montraient trop pressantes.

Source : Associated Press, transmis par GSN

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