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Protection contre le HIV : un droit pour tou(te)s

samedi 17 janvier 2004, par Joëlle Palmieri

Vieilles dames, travestis drapés de saris couleur vive, hommes et femmes... Les militants de Rainbow Planet ont dansé ensemble avant de débattre sur des questions de sexualité.

Les militants de Rainbow Planet, une coordination de plusieurs associations, ont dansé ensemble pour introduire une conférence sur la sexualité. Etaient en jeu les questions de différences sexuelles mais aussi de nécessaire protection des minorités.
Des associations de défense des personnes prostituées (de celles qui emploient le terme "travailleur(se)s du sexe") ont décrit la situation dans leurs pays respectifs. Aussi bien en Australie qu’aux Philippines, elles ont toutes pointé les problèmes de sida vécus par ces hommes et ces femmes. "Il y a 20 ans, personne ne s’intéressait aux prostitué(e)s. Mais quand est arrivé le sida, les médias et les institutions ont commencé à se pencher sur le problème. Pas vraiment pour aider les prostitué(e)s mais pour les pointer du doigt comme vecteur de propagation du virus", a rappelé Cheryl Overs de Aids Alliance. Pour elle, la question du sida chez les prostitué(e)s n’est pas tellement une question de santé publique, mais plutôt une question de droits. Droit à l’information, droit à la protection et droit aux rétroviraux.

Des travestis exclus

Autres témoignages forts : ceux des travestis venus raconter leur vécu. Souvent dramatique en Inde. "Nous sommes continuellement l’objet d’exclusion et d’ostracisme. Nous ne trouvons pas de travail, et nous sommes confrontées à une violence verbale et physique terrible", a expliqué l’une des travestis qui a raconté son histoire à la tribune. Après deux opérations pour se faire retirer le pénis, elle est ensuite retournée dans son village. Plus ou moins acceptée par sa famille, mais complètement rejetée par le reste du village, elle a choisi de rejoindre Mumbai espérant y trouver une plus grande tolérance. Accueillie par plusieurs organisations, elle a même trouvé du travail, mais s’est confrontée dans cette mégalopole de 20 millions d’habitants à une extrême violence.
Et pas la peine d’imaginer une plainte aux forces de police. C’est dans un commissariat qu’elle a vécu son pire cauchemar : torturée, battue, violée et coupée du monde pendant plusieurs jours. Elle et les autres travestis présentes lors de cette conférence ont parlé d’un même besoin : se sentir en sécurité dans leur propre pays.

P.-S.

Karine Portrait - Les Pénélopes - 17 janvier 2004

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