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Sashi Sail : changer la loi

samedi 17 janvier 2004, par Joëlle Palmieri

Sashi Sail est la personne relais de la Marche mondiale des femmes pour le Forum social mondial indien. Une femme au regard vif et à la parole militante, qui dirige une version indienne de Polytechnique où, dit-elle en souriant, elle a semé quelques graines de féminisme...

C’est à elle que la Marche mondiale des femmes, l’un des mouvements les plus visibles du féminisme, a confié le soin d’organiser leurs événements pendant le Forum social mondial qui se tient à Mumbai jusqu’au 21. Elle, c’est Sashi Sail, féministe engagée depuis l’université, considérée alors comme une folle par sa famille et membre fondatrice de la National Alliance of Women Organisation (Nawo).
"J’ai accepté d’être le relais de la Marche mondiale car leurs thématiques, la violence et la pauvreté, sont des thématiques extrêmement prégnantes ici en Inde. Et que ce forum social est le lieu où hommes et femmes peuvent chercher d’autres mondes", dit-elle pour expliquer son choix.
C’est en 1997 qu’elle a créé la Nawo, une organisation post-Bejing, qui réunit plus de 450 associations féministes de 18 états différents, impliqués dans les questions d’agriculture, d’industries et de minorités, mais également sur les questions de violences faites aux femmes, incestes, violences sexuelles et domestiques… "Nous travaillons à un niveau politique. Nous enquêtons, préparons des rapports, et nous essayons de faire pression au niveau de la fabrication des lois", précise Sashi Sail.

La bataille sur le terrain politique

Les deux principales revendication de Nawo ? Instaurer des quotas de femmes en politique et initier une loi unique pour toutes les femmes du pays. "Et non pas des lois qui changent selon la région ou la religion pratiquée. Le problème aujourd’hui, c’est que nous avons un gouvernement de droite qui penche plutôt vers une hindouisation de la constitution. Ce à quoi nous sommes complètement opposées." Sashi Sail est convaincue que la bataille se joue sur le terrain politique : « Si nous voulons changer les choses, nous devons mettre à terre l’économie libérale et résister à la globalisation. »
D’après elle, la situation des femmes dans les campagnes indiennes n’a pas seulement stagné, elle a régressé. Premières victimes d’une politique très libérale, leurs terres sont peu à peu accaparées par les multinationales et elles subissent de plein fouet la montée de la pauvreté et des violences. "En ville, la situation n’est pas tellement meilleure. Mais, il y a quand même un point positif : les femmes y sont de plus en plus visibles." Elles vont à l’école (50% de filles), et au collège (33% de filles), s’arrêtent aux portes de l’université où elles ne représentent plus que 1%. Mais Sashi Sail veut y croire.Quand on lui demande si elle ne sombre pas dans le pessimisme, elle s’offusque et répond : "Nous allons nous battre. Hommes et femmes ensemble. Et nous allons gagner".

P.-S.

Karine Portrait - Les Pénélopes - 17/01/2004

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