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L’éducation : un problème économique

dimanche 30 novembre 2003, par Joëlle Palmieri

Entre éducation et économie pas de lien direct en apparence. Or, l’atelier sur la démocratie économique organisé par les Pénélopes et leurs partenaires ont fait la démonstration contraire.

Lors de l’atelier organisé par les Pénélopes et leurs partenaires le jeudi 13 novembre intitulé « Dialogue sur la démocratie économique. Femmes, travail et droits en Europe », quelle ne fut pas la surprise des Bulgare, Bosniaque et Croate de connaître si peu d’affluence pour un sujet si important et autant d’actualité. Dans la salle voisine, l’atelier organisé par les Pénélopes sur « féminismes croisés » faisaient salle comble. Alors, première question : pourquoi les féministes et les mouvements de femmes ne s’intéresssent-ils pas aux questions économiques ? Pourquoi tant de désintérêt à la question de la privatisation des services publics partout en Europe et en particulier en Europe de l’Est ? Les témoignages des partenaires croates, bosniaques et bulgares étaient à ce titre très sombres : baisse des services sociaux, des retraites, diminution de presque 2/3 de la main d’œuvre féminine, dégradation du niveau d’étude autrefois très élevé… tout ceci grâce aux politiques du Fmi, de l’Omc et de la Banque mondiale. Mais, parmi le faible nombre de personnes venues discuter, deux syndicalistes de la culture, une professeure de lycée à St-Denis et une militante autrichienne d’Attac. La conversation s’est en fait vite orientée sur les plus que soucis de ladite professeure qui a décrit une situation plus que sinistrée dans son lycée à la Plaine St-Denis. Agressions publiques de groupes de garçons contre des filles isolées, dans la cour ou l’enceinte du bahut, sans que quiconque ne bouge, ni administration ni professeurs et pire, sans que les filles victimes de violences répétées ne réagissent. Selon l’enseignante, et dans un très profond dépit, ces jeunes fillent « s’auto-contrôlent », acceptent leur sort. Le silence s’est vite imposé. Puis, petit à petit, une discussion s’est mise en place autour de l’origine sociale de ces jeunes garçons, de l’état de paupérisation des cités dans lesquelles ils vivent, ce qui a vite ramené le débat à la relation inéluctable entre éducation et démocratie économique. Sans accès au travail, sans droits, la démocratie ne revêt aucun sens, puisque rien n’est possible. Situation confirmée par la Bulgare qui a comparé avec la situation dans son pays, vite rejointe par la Bosniaque et la Croate. La boucle était bouclé, et les participantes sont sorties plus fortes, plus éclairées sur la nécessité de ne pas sectoriser les problèmes : éducation d’un côté, santé, nutrition, travail, culture…

P.-S.

Joelle Palmieri – 28 novembre 2003

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