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Les femmes préparent Jo’burg 2002

vendredi 31 mai 2002, par Manue

« Nous les femmes formons une partie significative de la force de travail et soutenons la majorité des familles et des communautés. Nous sommes consommatrices et productrices, et faisons des choix importants. Aux quatre coins du monde mous sommes des facteurs de changement. Femmes de tous les âges et de toutes les origines, nous faisons preuve d’engagements, de connaissances et de compétences pour bâtir une société plus durable. » [Introduction, Dialogue Paper : Women as a Major Group]

Telle est la première phrase d’introduction au document de synthèse émis par les femmes réunies pour la préparation du processus de Johannesburg 2002, en tant que groupe majeur d’intérêt parmi les 9 groupes définis dans l’Agenda 21. Le message du papier est clair : il n’y aura pas de développement durable sans l’intégration des femmes dans les décisions économiques, sociales et environnementales.

Le Caucus des Femmes pour le Sommet de la Terre s’est formé en novembre 1991, six mois avant le Sommet de Rio, à l’initiative d’organisations telles que WEDO (Women’s Environment and Development Organization), REDEH (REde de DEsenvolvimento Humano), WECF (Women in Europe for a Common Future), et de nombreuses autres, de tous les continents. Six mois de travail intense que ces femmes ont mis à profit pour s’imposer au Sommet, créant ainsi un précédent historique en termes de représentation des femmes dans une conférence intergouvernementale de portée majeure. Depuis 1992, elles continuent à travailler sans relâche pour pousser les gouvernements à mettre en pratique les recommandations de l’Agenda 21 concernant spécifiquement les femmes (172 références !) et renforcer leur rôle dans les négociations. Les rencontres régionales et réunions thématiques se sont multipliées au cours deux dernières années, afin de dresser un bilan des progrès observés depuis Rio 1992 et de formuler les nouvelles priorités pour la prochaine décennie qu’elles défendront à Johannesburg 2002.

Ce bilan est malheureusement bien pauvre et montre une fois de plus que les accords de principe sur le papier, même âprement obtenus, ne constituent en rien une garantie d’engagement, encore moins de résultats. Dix après Rio, la reconnaissance de fait du rôle-clé des femmes dans le développement durable est toujours aux abonnées absentes. Les hommes demeurent ultra majoritaires dans les organes de décision -quels qu’ils soient- tout comme dans les rouages de la recherche et de l’éducation. Les budgets des projets intégrant l’approche de genre ont même été réduits. Et les femmes souffrent d’un accès sempiternellement insuffisant à l’éducation et à toute forme de ressource financière dans les pays du sud.
Les bras nous en tombent : tant d’efforts pour de tels non résultats à grande échelle, que faire, que faire ? La question reste en suspens. Ne pas lâcher prise, quoi qu’il en soit. Et commencer par balayer à nos propres portes, il y a toujours à faire !

S’il n’y a pas vraiment de réponse claire et concrète concernant les possibles stratégies pour renverser ce « paradigme » dans le document de synthèse du Caucus (Women’s Action Agenda for a Healthy Planet), on y trouve tout au moins les priorités définies par les femmes, articulées autour de 10 thèmes fondateurs :

-  Gouvernance et développement durable
-  Mondialisation, transparence et crédibilité des institutions internationales
-  Dimensions socio environnementales des conflits armés, rôle des femmes dans la construction de la paix
-  Tensions entre l’idéologie du libre échange et les objectifs de production et de consommation durables
-  Accès des femmes aux biens public mondiaux
-  Droits des femmes à la santé reproductive et environnement
-  Sécurité environnementale pour les générations présentes et futures
-  Protection de la biodiversité et des savoirs indigènes
-  Dimension de genre dans la planification locale, urbaine, et les transports
-  Fossés et opportunités de l’éducation, de la communication et des technologies de l’information

Ces problématiques sont de toute évidence essentielles dans le grand jeu déséquilibré du monde de cette première décennie du millénaire. Leur formulation dans un papier de synthèse offre une analyse et donne un cadre aux luttes et actions des femmes. C’est cependant au niveau local, à la faveur de relations humaines de proximité, que la révolution douce des femmes se fait, progressivement et sans violence. Les exemples donnés par la conférence "Genre et Eau", et celui de la réhabilitation environnementale d’un quartier d’Odessa en Ukraine ne peuvent que nous en convaincre !

Plus d’infos sur le web

- Portail du Caucus Femmes en français :
http://www.sommetjohannesburg.org/g...

- Tous les documents de synthèse du Caucus (en anglais) sont sur :
http://www.worldsummit2002.org/acti...

- Site de WEDO : http://www.wedo.org/

- Site de WECF : http://www.antenna.nl/wecf/WECF.html

- Les recommandations du réseau WIDE (Women in Development Europe) pour Jo’burg 2002 :
http://www.eurosur.org/wide/UN/Jobu...

P.-S.

Emmanuelle Piron, 15 mai 2002.

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