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Libérez nos camarades !

lundi 30 juin 2003, par Joëlle Palmieri

Alors voilà ! on nous avait bien prévenu-es que les Irakiens seraient libérés du joug du Raïs grâce aux maîtres du monde, les Etats-Unis – un pléonasme – et leurs valets les Anglais, mais c’était, comme d’habitude, sans spécifier que cela ne se conjuguait pas au féminin. Eh oui ! comme si la libération prétendue des hommes était contradictoire à celle des femmes… et cela dans une tolérance toute globale. A en croire les dernières nouvelles, c’est tout vu : augmentation des viols, des adolescentes de préférence – les soldats américains se rincent au passage -, enlèvements et disparitions, mises à mort après le crime parce qu’impures, ces êtres de sexe féminin n’ont déjà plus droit d’aller au poste de police le plus proche pour porter plainte et encore moins de se faire examiner par un médecin, excepté à la morgue…

Alors voilà ! on nous avait bien prévenu-es que les Irakiens seraient libérés du joug du Raïs grâce aux maîtres du monde, les Etats-Unis – un pléonasme – et leurs valets les Anglais, mais c’était, comme d’habitude, sans spécifier que cela ne se conjuguait pas au féminin. Eh oui ! comme si la libération prétendue des hommes était contradictoire à celle des femmes… et cela dans une tolérance toute globale. A en croire les dernières nouvelles, c’est tout vu : augmentation des viols, des adolescentes de préférence – les soldats américains se rincent au passage -, enlèvements et disparitions, mises à mort après le crime parce qu’impures, ces êtres de sexe féminin n’ont déjà plus droit d’aller au poste de police le plus proche pour porter plainte et encore moins de se faire examiner par un médecin, excepté à la morgue… Plus le droit non plus de porter un pantalon, d’aller à la mosquée ou à l’université sans l’abaya (voile noir qui couvre les femmes de pied en cap). Finie aussi la conduite sportive ou relax en voiture, les sorties nocturnes entre copines ou seule. D’un tyran à l’autre, de la laïcité à l’islam, la pression sociale que subissent les femmes demeure à l’ordre du jour et le silence de plomb.
Un peu plus loin, en Afghanistan, l’incarcération sociale des femmes va bon train. Malgré les très bonnes recommandations du Conseil économique et social de l’Onu, qui, en sept points, propose le « respect des droits des Afghanes en accord avec tous les traités internationaux », le nouveau gouvernement, mis en place par les mêmes Américains du Nord, se félicite de construire une république islamique. « Rien à voir avec la charia (la loi islamique) », explique un ancien conseiller politique et social du Commandant Massoud à un journaliste du Figaro. Un régime présidentiel est en cours d’élaboration. Elections du président l’année prochaine. « Oui, les femmes pourront aller voter... si, il faut bien l’avouer, les hommes les autorisent à se rendre aux urnes. », précise l’anti-taliban. Mais il ne faut pas aller trop vite : « sous l’influence des Soviétiques, les femmes ont été trop libres, cela a conduit la société afghane à la débauche. Il y a eu ensuite le retour de bâton des talibans, et là, elles ont été trop brimées. Elles doivent maintenant suivre quelques règles de conduite. »
Ça ne vous rappelle pas les curés des années 30 qui s’étaient donné le mot pour refuser le droit de vote aux femmes en France, alors que les suffragettes battaient le pavé ? Ces femmes, impures, à l’humeur changeante, aux fluides incontrôlables, pourraient se faire influencer par n’importe quelle figure et en particulier celle du changement… De plus, un peu lâchées, elles sont capables du pire, comme de coucher avec l’ennemi, et ça c’est impardonnable ! Les Tondues de la Libération – encore ce mot – l’auront bien bouffée celle-là ! Humiliées en public, désignées par la honte, ces Françaises comme les Afghanes et aujourd’hui les Iraniennes stigmatisent tout ce que l’empire masculin ne supporte pas : la liberté de choisir. La liberté contre la force, le dialogue contre la hiérarchie, la paix contre la militarisation, l’autonomie de la personne contre l’intérêt des puissants, la vie contre la mort. Ah ! si toutes les femmes du monde se donnaient la m…

P.-S.

Joelle Palmieri - 26 juin 2003

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