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G8 2003 - Contre-sommet

En marche vers une répression annoncée

samedi 31 mai 2003, par Anne

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées hier pour manifester pour la liberté du mouvement à Genève. L’objectif : Nations Unies et OMC. Le principe : éviter la confrontation. Mais si les "sauvages" ont pu rester calmes, dans le souhait de rompre avec un état de stress sécuritaire général qui pourrait mettre en danger la manifestation principale de dimanche prochain, les autres… ont prévenu tout dégat probable par une avance inexplicable.

La manifestation du vendredi 30 était prévue à 11 h, côté suisse. Côté français, les jeunes militant-es se sont lévé-es suffisament tôt pour prendre le train à la gare d’Annemasse et les rejoindre. 10h25 était un horaire de départ prévu par la SNCF, mais ces jours-ci, rien n’est prévisible. Un peu d’attente, et les quelque 200 jeunes issu-es des villages alternatifs français applaudissent le démarrage du train.
Les leaders charismatiques toujours présents sortent de l’ombre pour demander l’accord collectif sur une initiative : arrêter par force le train avant l’entrée en gare d’Eaux Vives, où les policiers sont censés les attendre. Une petite excuse aux voyageurs réguliers, (si jamais il y en avaient), et l’acceptation est unanime.
Quelques minutes plus tard, une autre proposition est collectivement agréée par les deux wagons : rester tous et toutes ensemble, et refuser de montrer aux forces de l’ordre toute pièce d’identité, en solidarité avec les sans-papiers. Le signal d’alarme est tiré aussitôt l’arrivée annoncée par haut-parleur, mais les portes ne s’ouvrent pas, et le conducteur promet de repartir. "Non, non, ouvrez, on descend ici !", on crie partout. Ensuite, il s’agit de sauter une grille et surtout, de rester ensemble pour former un bloc. Car pour la plupart c’est une découverte, qui servira à vérifier si la police suisse est aussi "méchante" que l’on craint depuis ces quelques semaines de remontée de paranoïa locale et générale.

Ensemble pour éviter la violence

"Attendez les autres !", crie-t-on dans les dernières files. "Dépêchez-vous sinon ils vont savoir où on est exactement !", est le message des premiers, qui voient déjà un helicoptère les survoler. La manif avance, les slogans qui la motivent sont multilingues, "no border, no line" alternent avec "le monde répond résistance à ceux qui veulent dominer le monde". "Un monde juste, fait-il si peur ?", est un des messages lisibles sur les barricades construites par les banques genevoises pour l’occasion. Enfin, le lac. Et là, un autre grand groupe est perçu, la joie et les sifflements sont multiples.
L’objectif à atteindre sont les diverses installations de l’ONU. Surtout l’édifice de l’OMC, qui présagera, presque, la suite. La foule avance, les imposantes grilles qui protègent l’organisation mondiale du commerce s’ouvrent et une ligne de policiers avance, menaçante. Mais le but est d’éviter toute confrontation, car "on ne doit pas mal prédisposer les âmes pour la manif de dimanche", affirme un participant. Et la marche continue, sans provocation, sans dégats.

Qui sont les sauvages ?

Lorsque la masse approche le bureau de Migrations de Nations-Unies, elle décide de s’arrêter, pour un regroupement de troupes. Avec de l’insecticide, les moustiques sont éloignés pour préserver le bâtiment de possibles débordements… juste pour s’assurer. Ce n’était pas de la paranoïa, alors. Les policiers suisses, en effet, peuvent être très méchants, lorsqu’ils sont munis de gaz lacrimogène.
L’organisation de la manifestation étant bien mise en place, du produit pour soulager les yeux des premiers rangs est distribué rapidement, et la marche repart jusqu’au point d’arrivée prévu, la Gare Centrale.
Reste à se demander… si cela est une conséquence d’un matracage psychologique sans cesse que les "agents de sécurité" ont subi pendant des mois, ou si, les policiers suisses… sont vraiment méchants. La suite des événements apportera des réponses.

P.-S.

Josefina Gamboa - 31 mai 2003

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