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Vive l’école !

samedi 31 mai 2003, par Dominique Foufelle

Le ministre Luc Ferry n’a pas exclu l’usage de la force pour assurer la tenue des examens. Compte-t-il envoyer les CRS surveiller les épreuves ? Au train où vont les choses, ça n’aurait rien d’extravagant. Les enseignant-es prennent les élèves en otage, nous répète-t-il. Cette bande d’égoïstes ne songeraient qu’à défendre leurs privilèges – on connaît la chanson ! Cette fois, l’amalgame correspond à une réalité : oui, défense des retraites et d’une éducation de qualité pour toutes et tous, c’est même combat. La décentralisation des personnels non-enseignants, ça veut dire quoi ? Laisser aux régions le soin de les embaucher, au gré de leurs moyens financiers et de leurs choix politiques. Leur laisser aussi le loisir de faire appel à des entreprises privées. In fine, mettre le pays en conformité avec l’AGCS, l’assujettir aux diktats du marché.

Le ministre Luc Ferry n’a pas exclu l’usage de la force pour assurer la tenue des examens. Compte-t-il envoyer les CRS (ou les escouades de flics à la retraite rameutés par Sarkozy) surveiller les épreuves ? Au train où vont les choses, ça n’aurait rien d’extravagant. Les enseignant-es prennent les élèves en otage, nous répète-t-il. Cette bande d’égoïstes ne songeraient qu’à défendre leurs privilèges – on connaît la chanson ! Cette fois, l’amalgame correspond à une réalité : oui, défense des retraites et d’une éducation de qualité pour toutes et tous, c’est même combat. La décentralisation des personnels non-enseignants, ça veut dire quoi ? Laisser aux régions le soin de les embaucher, au gré de leurs moyens financiers et de leurs choix politiques. Leur laisser aussi le loisir de faire appel à des entreprises privées. In fine, mettre le pays en conformité avec l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services, qui se trame en grand secret au sein de l’Europe), l’assujettir aux diktats du marché.
On pourrait reprocher bien des choses à l’école laïque et républicaine – notamment de ne pas tenir ses engagements sur le terrain de l’antisexisme. Mais ne sommes-nous pas des milliers à y avoir trouvé les moyens d’échapper à un "destin" programmé de mère de famille silencieuse ? La mixité continue à mieux garantir l’égalité à l’école que dans les familles. La Maternelle à 2 ans, souvent mal accueillie par des enseignant-es qui n’y avaient jamais été préparé-es, a été reconnue comme favorisant l’intégration des enfants des classes défavorisées (issus de l’immigration ou non) et contribuant à prévenir l’échec scolaire. On le dit moins, mais c’est aussi la seule chance pour des mères de tenter de (re)trouver un emploi et boucler plus ou moins leur budget tout en sortant le nez des casseroles. Les instits se mobilisent aussi pour la préserver. Et si l’école n’est pas une garderie, comme on nous le répète vertueusement, combien de " mamans " dépendent des services de garde du matin et du soir pour conserver leur emploi ? Services assurés, précisément, par des personnels non-enseignants.
Parents ! les grèves, ça perturbe la vie quotidienne, c’est sûr. Ça prive nos progénitures d’heures de cours. Mais ça évite que demain, on fasse d’eux de vrais cancres, dépourvus de vitalité et d’esprit critique, parqués dans des espaces exigus et tristes pour apprendre à produire et obéir, auprès d’enseignant-es réduit-es au rôle de serviteurs de l’Etat. Un peu partout en France, des parents occupent les écoles. Ça sert à la fois à démontrer notre solidarité, à permettre aux enseignant-es de poursuivre leur action sans subir des pertes de salaire intenables, à assurer solidairement la garde des enfants tout en apprenant à se connaître entre citoyen-nes. Aussi à (re)dire à nos mômes qu’il n’y a pas qu’en faisant des gâteaux qu’on s’occupe d’eux… et à rappeler à nos employeur-es que le privé, c’est politique !

P.-S.

Dominique Foufelle - mai 2003

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