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Pour une Europe de paix, sociale, verte, démocratique et féministe

samedi 31 mai 2003, par Joëlle Palmieri

Lors de la 3e Assemblée européenne du Forum social à Berlin, Bojoura Pavlova de la Fondation bulgare de recherche de genre (Bgrf), seule participante de son pays, a pris la parole et infléchi un certain nombre d’orientations relatives aux droits des femmes. Elle a également participé à l’atelier de préparation de l’Assemblée européenne pour les droits de femmes. Témoignage.

J’ai eu la chance de participer à la préparation du Forum social européen à Berlin les 26 et 27 avril derniers, grâce à l’aimable soutien d’Attac-Berlin et à l’invitation des Pénélopes de Paris qui ont inclus mon organisation à une liste de discussion en direction de l’Europe de l’Est et Centrale.

Selon la charte des principes de Porto Alegre (le point 1), le Forum social mondial (FSM) est « un lieu de réunion ouvert à la discussion réfléchie et démocratique, au débat d’idées et ainsi de suite… ».

Au cours de la dernière année, les forums sociaux se sont développés partout dans le monde. Après le FSE (Forum social européen) à Florence en novembre 2002 , ils se sont créés dans plusieurs pays européens : l’Espagne, la Hongrie, l’Allemagne et d’autres.

La rencontre à Berlin était un pas en avant pour le développement des mouvements sociaux en Europe. Ce forum était très important et utile pour tous les participant-es et particulièrement pour ceux et celles comme moi venu-es d’Europe de l’Est, parce que nous n’avions pas jusque récemment accès à de tels événements et, cette fois, nous avons eu l’occasion de discuter les problèmes des pays est-européens.

J’ai rencontré beaucoup de gens de Pologne et de Hongrie et nous avons eu la chance d’échanger nos idées et discuter nos problèmes communs concernant le futur de l’Europe de l’Est. A la session plénière sur « l’élargissement des mouvements sociaux orientaux », tout le monde a fait état des difficultés financières concernant la participation à des réunions de la sorte ou à différentes actions - voyages, logement et le problème le plus important, l’accès aux communications (ordinateurs, Internet). Andreas de Hongrie a proposé d’organiser une conférence dans un des pays de l’Est. Elisabeth Gauthier de France nous a fourni l’information selon laquelle un fonds de solidarité allait être mis en place, afin de soutenir les efforts de tous les nouveaux membres venant des mouvements sociaux de l’Est. Elle était également intéressée à échanger des idées au sujet de nos activités concernant le domaine des droits des femmes. J’étais très intéressée par les bonnes pratiques de travail avec les syndicats et l’Eglise. J’ai senti la nécessité de parler de l’église orthodoxe, dont le rôle a semblé inconnu par la grande majorité de l’assistance. J’ai découvert que nous devions parler davantage à propos des dialogues entre religions. Notre Fondation est une organisation non gouvernementale qui fonctionne avec beaucoup d’autres organisations de femmes qui luttent pour la paix, contre la pauvreté et pour l’égalité sociale entre les femmes et les hommes. Notre activité au sein de la société civile bulgare a provoqué un très grand intérêt auprès de Barbara Washmann d’Attac Autriche.

Lors de cette plénière nous avons franchi une étape importante. L’atmosphère était très amicale et bénéfique, tant que nous avons réalisé que nous partagions les mêmes idées. Nous étions très heureuses que nos partenaires des pays de l’Ouest nous aient aidées à participer à cette réunion préparatoire du Forum social européen à Berlin. Nous avons échangé nos adresses ; nous avons décidé d’agrandir le réseau d’Europe centrale et de l’Est et nous nous sommes promis de rester en contact pour préparer tous les futurs événements.

J’ai aussi été bien impressionnée par l’expérience des autres concernant le travail avec les enfants. La diversité à laquelle nous contribuons dans cette société européenne fera partie du processus démocratique des mouvements sociaux. Dans le cadre du processus d’élargissement à des mouvements sociaux en Europe, beaucoup plus d’organisations doivent être invitées, particulièrement dans des pays comme la Roumanie, le Macédoine et la Yougoslavie.

Depuis cette rencontre à Berlin, nous continuons à échanger nos points de vue et avons décidé de signer la pétition du 4 mai 2003 au nom du réseau d’Europe Centrale et de l’Est (Esfeast). Nous apprécierons d’avoir une représentation au Conseil international.

L’année dernière, j’ai été invitée à participer au sommet de Copenhague, en décembre 2002. Après les événements de Florence (1er Forum social européen), il était important que les mouvements de la société civile continuent leur action. Parallèlement au Sommet européen de chefs d’état, beaucoup d’organisations danoises et étrangères avaient organisé un grand nombre d’événements et d’activités -conférences, débats et ateliers au sujet du futur de l’Europe, politique sécuritaire, droits humains dans un monde globalisé, politiques commerciales et agricoles et bien plus. Un des événements le plus démonstratif selon moi avait été la grande manifestation internationale avec comme ordre du jour global : « notre monde n’est pas à vendre - les populations avant le profit ! ».

A propos du marché néo-libéral, de l’économie et de l’élargissement de l’UE, les participant-es ont discuté des différences et similitudes relatives à la situation des femmes en Europe.

Nous, comme Ong, nous sommes très engagées dans la question des droits des femmes. Nous avons organisé des événements spécifiques afin de prolonger et de renforcer le réseautage des femmes d’Europe sur le sujet : « Les femmes et la mondialisation : comment fixons-nous et améliorons-nous les conditions des femmes ? » Ainsi la grande attention portée aux femmes, déclarée lors de la réunion européenne à Berlin, est la prochaine étape dans le développement du processus du Forum social européen.

À Berlin, dans une réunion pour l’Assemblée européenne pour les droits de femmes, j’ai parlé de la nécessité de se concentrer sur la violence contre des femmes et les changements législatifs. J’ai partagé avec l’audience notre bonne expérience en matière de programmes d’éducation non-violente en direction des professeurs et des étudiant-es. En outre, j’ai parlé de la mise en place dans notre pays d’un réseau d’assistance juridique pour les femmes victimes de violence domestique. Ernestine Ronai, de France, était intéressée par nos bonnes pratiques en matière de recherche, de programmes de recommandation et d’initiatives législatives. J’espère que notre organisation sera invitée aux groupes de travail, que nous discuterons tous les problèmes de violence et que nous continuerions à échanger nos idées durant la période de préparation de la journée du 12 novembre à Paris.

Les femmes en Europe exigent une Europe différente : une Europe de paix, sociale, verte, démocratique et féministe.

Le FSE à Paris doit accorder toute une journée à l’Assemblée européenne des droits de femmes, cet événement assurant un espace important pour des femmes.

J’étais la seule personne qui venait de Bulgarie à participer à cet événement. Cela était très important pour l’élargissement du mouvement du FSE vers les pays de l’Est, mais cela était également très important et utile pour moi personnellement et pour mon organisation. C’est pourquoi je voudrais remercier les organisations allemandes qui ont si bien organisé ces réunions et qui nous ont donné la possibilité de partager nos idées et impressions. Je voudrais également remercier Les Pénélopes de France et toutes nous espérons que nos bonnes relations et activités aboutiront.

P.-S.

Bojoura Pavlova – Fondation bulgare de recherches de genre – 15 mai 2003

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