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Que font les Américaines contre la guerre en Irak ?

lundi 31 mars 2003, par Emmanuelle Piron

Elles s’organisent et manifestent, écrivent et luttent, enseignent et professent. MADRE, Women of Color Resource Center, Center for Women’s Global Leadership, et l’International Women’s Human Rights Law Clinic se sont joints à d’autres organisations de femmes dans le monde pour réclamer aux états membres de l’ONU de mettre en oeuvre la résolution 377 (Uniting for Peace) pour arrêter la guerre en Irak et protéger les civils irakiens.

Selon le dernier sondage New York Times/CBS (21 mars 2003), et un autre du Pew Research Center, la confiance des Américains dans une fin rapide de la guerre s’amenuisait, bien que les Américains continuassent à soutenir le Président Bush. Il est intéressant de voir que le New York Times ne mentionne le "gender gap", la différence entre femmes et hommes, qu’à la fin de l’article : 65% des femmes contre 80 % des hommes pensent que les Etats-Unis avaient raison de commencer la guerre. Un sondage New York Times/CBS, d’avant le début de la guerre, précisait que 59 % des femmes pensaient qu’il fallait donner à L’ONU et aux inspecteurs plus de temps pour éviter la guerre. L’écart entre les femmes et les hommes se creuse, avec à peu près 12 % plus de femmes que d’hommes qui ne voulaient pas de solution sans l’ONU, qui ne pensaient pas que cette guerre vaille les victimes qu’il y aura (qu’il y a déjà).

Fidèles toujours, les Women in Black New York manifestent en silence tous les mercredis devant la Bibliothèque de New York. Beaucoup de groupes de Women in Black se sont formés depuis le 11 septembre dans de nombreuses villes des Etats-Unis.
Le contingent des femmes rend visible la large opposition à la guerre en Iraq, à toutes les guerres. L’organisation Global Women Stike (Grève Globale des Femmes) organise des actions et des manifestions. Leur slogans : « Non à la guerre ». « Soigner pas Tuer ». Les femmes et les enfants payent en effet le prix le plus élevé : elles forment la majorité des victimes de conflits armés, et 80 % des réfugié-es. Partout les femmes travaillent plus encore pour le bien–être, la santé, les services sociaux et d’autres avantages et services dont les budgets sont sabrés pour payer la guerre. Les coûts militaires dépassent les 200 milliards de dollars pour cette guerre. Mais il n’y a pas d’argent pour les services social, la sécurité sociale, les retraites, les médicaments pour les personnes âgées, les salaires des professeurs et infirmières, les soins pour les immigrants, les aides ménagères et plein d’autres choses encore.
Un autre groupe, le Pink Code, est très actif. L’utilisation de la couleur rose rappelle ironiquement les codes couleur pour les alertes terroristes. Un vigile hebdomadaire mondial a lieu tous les mercredis de Washington à la Californie. D’autre part, des performances de la pièce anti-guerre Lysistrata ont lieu.
Dans les universités et écoles, des vigiles pour la paix, des journées consacrées aux discussions sur la guerre, des actions "oui aux livres ; non aux bombes" dans des "zones démilitarisées" sont organisés. Des activistes femmes s’alignent avec l’organisation internationale Madre et d’autres groupes internationaux.

La résistance des femmes existe mais elle n’est ni canalisée ni organisée sur une grande échelle. Et elle n’est pas massive.

P.-S.

Sheila Malovany, 28 mars 2003

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