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Argentine : le cobaye du FMI

, par Joëlle Palmieri

Les Argentins vont-ils se plier aux diktats du libéralisme, soutenu fortement par le gouvernement espagnol ? Le vent de colère qui siffle dans les rues va-t-elle se tranformer en force de transformation ? A suivre.

" Les laboratoires du FMI et du Trésor américain testent une nouvelle drogue pour traiter les troubles provoqués par les politiques d’ouverture commerciale, de libéralisation et de déréglementation des finances ", dit le Brésilien Luiz Gonzaga Belluzzo. Révolte, indignation. Rien d’autre peut inspirer la situation de l’Argentine, la plus extrême expérimentation du néo-libéralisme en Amérique Latine. Avec 90 % des services publics et des banques entre les mains des multinationales étrangères, suite à une maladroite politique de " modernisation " de la gestion Menem (1989-1999), la classe politique argentine, inefficace et désorientée, devient aujourd’hui une marionnette des Américains.
Le gouvernement espagnol vient d’exhorter les Argentins à s’ajuster à la volonté du FMI, s’ils veulent compter sur l’appui de la UE. Justement l’Espagne, dont les entreprises investisseuses en Argentine avaient rapatrié presque 5000 millions de dollars en décembre dernier, comme par hasard, quelques jours avant la restriction monétaire du gouvernement local face au menace d’une crise de liquidité. Un geste aimable de l’ancienne mère patrie.
La récente démission du ministre d’Economie ne laisse au président qu’un choix possible : obéir aux desseins du FMI, c’est-à-dire, permettre la faillite des banques, l’augmentation du chômage. Entretemps, une rumeur avance : la considération d’un deuxième choix. La possibilité de concevoir un plan national pour sortir de la crise en refusant l’aide des organismes internationaux. Un pays écrasé par la mondialisation, oserait-il faire face à une crise financière par ses propres moyens, en défiant Colin Powell et ses acolytes ? La société a mûri, elle se rebelle pacifiquement, mais vigoureusement. Il serait temps que les Argentin-es s’engagent avec leur pays et contre " ses coopérants ".

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