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Le féminisme, une arme contre la guerre

mardi 18 mars 2003, par Dominique Foufelle

A l’aube de ce 20 mars 2003, les premières bombes sont tombées sur Bagdad, les premiers missiles ont été lancés. Des tirs ciblés, s’empresse de nous préciser CNN, chaîne bien informée puisque directement par l’armée des Etats-Unis. C’est vrai, notre obsession des populations terrorisées sous la mitraille a failli nous faire oublier l’essentiel : il s’agit d’une guerre propre, d’une guerre juste, d’une guerre menée au nom de la démocratie. Parmi les hypothèses échafaudées quant à son déroulement, il y a celle d’une prompte déconfiture de Saddam Hussein, considérée comme la plus heureuse.

A l’aube de ce 20 mars 2003, les premières bombes sont tombées sur Bagdad, les premiers missiles ont été lancés. Des tirs ciblés, s’empresse de nous préciser CNN, chaîne bien informée puisque directement par l’armée des Etats-Unis. C’est vrai, notre obsession des populations terrorisées sous la mitraille a failli nous faire oublier l’essentiel : il s’agit d’une guerre propre, d’une guerre juste, d’une guerre menée au nom de la démocratie. Parmi les hypothèses échafaudées quant à son déroulement, il y a celle d’une prompte déconfiture de Saddam Hussein, considérée comme la plus heureuse. Effectivement, plus le conflit sera court, moins il y aura de victimes. Et on ne va pas regretter le départ du dictateur. Pour autant, la victoire du clan Bush sera-t-elle celle de la démocratie, en Irak et ailleurs ? En ce qui concerne les femmes, nous pouvons d’ores et déjà répondre : non. Tout-e citoyen-ne passablement informé-e a entendu parler des ambitions hégémoniques des Etats-Unis sur le plan économique, et donc militaire. Un peu moins, de leur refus arrogant de se rallier à des initiatives internationales : le Traité de Kyoto, le Tribunal Pénal International et, beaucoup moins cité (hasard ?) mais hautement significatif, la Convention des Droits de l’Enfant. Il faut se montrer plus curieux pour avoir eu vent des offensives menées par l’administration Bush à l’ONU pour imposer un " ordre moral " réactionnaire. Les lobbies anti-avortement sont aux Etats-Unis aussi actifs et influents que ceux de l’armement – quand ils ne se recoupent pas. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas pour eux de défendre par le discours des convictions religieuses, mais d’exercer des pressions économiques sur les ONG pour les forcer à adopter leur lumineux programme exclusif contre la prolifération du virus HIV et pour le contrôle des naissances, l’abstinence sexuelle. Sans se soucier de mettre ainsi en péril la vie de millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Parallèlement, les Etats-Unis font le forcing pour modifier les textes internationaux relatifs aux droits des femmes, dans le sens d’une régression, évidemment. En alliance avec qui ? Le Vatican et les Etats islamistes. Et l’on voudrait nous faire croire à un conflit de cultures dans lequel Bush et consorts porteraient le flambeau d’un monde juste tourné vers le progrès ? Il faut aller plus loin que s’opposer à la catastrophique guerre en Irak : dénoncer cette lamentable hypocrisie. Quel Etat, d’ailleurs, pourrait prétendre à proposer un modèle au monde ? Ceux qui composent, pour l’heure, le camp de la paix, ne sont guère plus frais. Nous les femmes savons que la démocratie, la vraie, n’existe réellement nulle part, puisque ses imitations nous laissent partout, de façon plus ou moins flagrante, en marge. Quelle que soit l’issue de la guerre, l’après-guerre sera terrible. Ne relâchons pas la pression ! Haussons le ton et montrons que nous ne nous laisserons pas endormir par les fables des uns ou des autres !

P.-S.

Dominique Foufelle - 20 mars 2003

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