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L’Algérie au féminin : le programme

lundi 3 février 2003, par Josefina Gamboa

du vendredi 7 mars au dimanche 9 mars 2003

Un programme de films et de débats proposé par Yamina Benguigui dans le cadre de la Journée de la femme et de la Saison algérienne en France.

L’engagement des femmes dans le cinéma algérien, au début des années 60, a montré que ces dernières ont été partie prenante dans l’histoire de la libération de leur pays. Ces pionnières ont eu le courage de tordre le cou aux préjugés et aux tabous dans une société arabo-musulmane. Des années après, de l’autre côté de la Méditerranée, en France, une nouvelle génération de femmes, issues de l’immigration algérienne, va prendre le relais. Ce sont ces actrices et réalisatrices qui ont eu le courage d’affronter leur communauté et le regard de la société d’accueil en s’imposant sur les écrans. Ce sont elles qui ont écrit, à leur façon, une page de l’histoire souvent semée d’embûches, celle de l’intégration. À l’heure où des femmes cinéastes et actrices d’origine maghrébine sont encore jugées iconoclastes parce qu’elles ont toutes, à leur manière, brisé les tabous, certaines s’apprêtent à abandonner leur métier face à des comportements agressifs.
Il est essentiel de rendre hommage au courage de toutes ces femmes, capables de faire évoluer les mentalités pour un avenir meilleur et de mettre en valeur le rôle émancipateur du cinéma. Par leur engagement, ces femmes d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et de là-bas, ont saisi l’importance universelle d’habiter l’espace de la toile blanche. C’est dans cet esprit qu’elles seront accueillies au Forum des images par des actrices et des réalisatrices françaises convaincues de la nécessité de "dire" au féminin. Ainsi, ces rencontres du cinéma algérien au féminin à Paris permettront de renforcer l’amitié franco-algérienne et d’apporter une réflexion sur la nécessité d’écrire une nouvelle page de l’histoire commune entre les deux pays.

Yamina Benguigui
Réalisatrice

Porte Saint-Eustache, Forum des Halles, 75001 Paris http://www.forumdesimages.net

SOIREE D’OUVERTURE : HOMMAGE A KELTOUM
vendredi 7 mars à 20h30
soirée parrainée par Jeanne Moreau (sous réserve)

Soirée d’ouverture en hommage à Keltoum – cette "vieille dame indigne" aurait dit René Allio - qui fut la première comédienne d’envergure internationale et la figure emblématique de l’Algérie.

Projection de "Le Vent des Aurès" en présence du réalisateur Mohamed Lakhdar Hamina et de Keltoum.


LES ACTRICES ALGERIENNES DES ANNEES 60, 70, 80
samedi 8 mars à 17h00

Lorsqu’en novembre 54 éclate l’insurrection algérienne, quittant leur village, leur foyer, leurs enfants, de nombreuses femmes s’engagent dans cette guerre pour l’indépendance. Elles vont, à l’instar de leurs compagnons d’armes, partager la clandestinité, la répression et la mort. Elles deviennent des héroïnes nationales mais resteront , pour la plupart, anonymes.
1962 : naissance de la nation et, presque simultanément, naissance du cinéma algérien. Les films qui sont alors produits, très militants, s’inspirent du combat pour l’indépendance. Pour les incarner à l’écran, des femmes algériennes deviennent alors actrices et, à leur tour, acquièrent une notoriété dans leur pays.
À la fin des années 70, progressivement, la crise identitaire algérienne et la montée de l’intégrisme provoque l’agonie et la quasi disparition de la production cinématographique nationale. Malgré cette situation critique, une nouvelle génération d’actrices émerge, où dominent la présence et le jeu de Fatima Belhadj, à la prestation remarquée aux côtés de son aînée Fettouma Ousliha dans la très belle Citadelle de Mohamed Chouikh, brûlot courageux contre l’oppression des femmes.

Un débat autour des "Actrices algériennes des années 60, 70, 80" sera animé par Mouloud Mimoun, critique de cinéma, en présence de Fettouma Ousliha (Le Charbonnier, L’Héritage, Premiers Pas), Fatima Belhadj (La Citadelle), Beyouna (Le Harem de madame Osmane), Chafia Boudraa (La Montagne de Baya), Bahia Rachedi (Rachida). Anouk Aimée, Elsa Zylberstein et Annie Girardot leur rendront hommage.

Débat à l’issue du film "Premier pas" en présence du réalisateur Mohamed Bouamari et de Fettouma Ousliha.


COMEDIENNES ISSUES DE L’IMMIGRATION ALGERIENNE EN FRANCE
samedi 8 mars à 20h30
soirée parrainée par Marie-José Nat

De l’autre côté de la Méditerranée, d’autres formes de préjugés et de tabous sont à l’œuvre, lorsque Marie-José Nat, issue d’un couple mixte algéro-corse, accepte d’interpréter Élise ou la vraie vie de son compagnon Michel Drach. Cette histoire d’amour avec un militant du FLN, en France, projette une lumière crue sur les phénomènes de racisme antiarabe en pleine guerre d’Algérie. En France, au début des années 80, une première génération de comédiennes fait son apparition. L’univers très fermé et codifié du cinéma français de l’époque ne leur apporte que des rôles liés à l’image de la femme immigrée dans la société française : à savoir une femme enfermée, tenue à l’écart de la société, ou encore à l’extérieur, tenant le rôle de la femme de ménage, d’ouvrière d’usine... Ces actrices doivent également affronter l’hostilité de leur communauté qui vit en autarcie et se prépare au retour, mais n’a vécu ni l’apogée du cinéma algérien, ni la consécration de ses actrices.
Pour cette seconde partie de soirée, ce sont les comédiennes françaises issues de l’immigration algérienne qui évoqueront leur parcours et leur expérience personnelle pour tenter d’exister en tant qu’actrice à part entière et non pas seulement en tant qu’actrices d’"origine".
Au cinéma, ces nouveaux visages ont pour nom : Nadia Samir, Fejria Deliba, Nozha Khouadra et plus récemment, Rachida Brakni, l’héroïne du Chaos de Coline Serreau et Lynda Benahouda, l’inoubliable visage d’écorchée vive de Samia de Philippe Faucon. Ce film est emblématique à plus d’un titre car il concentre l’essentiel des contradictions qui sont à l’œuvre au sein de la famille maghrébine immigrée. D’un côté, des comportements et attitudes de repli identitaire, de l’autre, une aspiration effrénée à la revendication de liberté et d’autonomie.

Le débat "Être actrice d’origine algérienne en France des années 80 à aujourd’hui" réunira des comédiennes qui évoqueront leur parcours et leur expérience personnelle pour tenter d’exister sur les écrans français. Il sera animé par Mouloud Mimoun, critique de cinéma, en présence de Lynda Benahouda (Samia), Nadia Samir (Leïla et les autres, Bab El-Oued City, Le Cri des hommes), Fejria Deliba (Inch’Allah dimanche, Sous les pieds des femmes), Rachida Brakni (Chaos et Loin), Linda Chaïb (Le Petit chat est mort). Pour leur rendre hommage, Marie-José Nat sera accompagnée de Bernadette Lafont, Mathilde Seigner et Juliette Binoche.

Débat à l’issue du film "Samia" en présence du réalisateur Philippe Faucon et de l’actrice Lynda Benahouda.


LES REALISATRICES D’ICI ET DE LA-BAS
dimanche 9 mars à 17h00
journée parrainée par Agnès Varda

Ces jeunes filles et ces femmes d’hier et d’aujourd’hui ont saisi toute l’importante de la prise de parole. Certes, il faut habiter l’espace de la toile blanche, mais il faut surtout "l’animer", autrement dit passer de l’autre côté, du côté de l’écriture et de la réalisation. Beaucoup l’ont compris très tôt, telle Assia Djebbar en Algérie, romancière devenue la première cinéaste algérienne avec La Nouba des femmes du mont Chenoua, pour signifier une prise de parole d’auteur qui, depuis, a fait des émules au Maghreb comme en France. Cette nécessité de dire au féminin se retrouve chez de nombreuses réalisatrices (Yamina Benguigui en France pour Inch’Allah dimanche, Raja Amari en Tunisie pour Satin rouge et Rachida Chouir pour Rachida) Les unes et les autres racontent un parcours d’émancipation et d’affranchissement d’un personnage féminin. Aujourd’hui encore, elles doivent faire face à des attaques virulentes nées d’un propos jugé iconoclaste à l’endroit de certains tabous et interdits tus jusque-là.

Le débat autour des "Réalisatrices d’ici et de là-bas" sera animé par Charles Tesson, rédacteur en chef des "Cahiers du cinéma", en présence d’Assia Djebbar (La Nouba des femmes du mont Chenoua), Yamina Benguigui (Inch’Allah dimanche), Hafsa Zinaï-Koudil (Démons au féminin), Rachida Krim (Sous les pas des femmes). Pour leur rendre hommage, Agnès Varda sera accompagnée de Nicole Garcia, Catherine Breillat, Tonie Marshall et Claire Denis.

Débat à l’issue des projections des films "Le Petit chat est mort" de Fejria Deliba, "La Femme dévoilée" de Rachida Krim et Hamid Tassili, "Chemin de traverse" de Malika Tenfiche, "Pimprenelle" de Yamina Benguigui et "Dounia" de Zaïda Ghorab-Volta, en présence des réalisatrices.


Pour plus d’infos
tél. 01 44 76 63 42 / fax 01 44 76 63 18
abarjot@forumdesimages.net

tarifs pour une entrée journalière : 5,5 euros, 4,5 euros tarif réduit, 1 billet du carnet fidélité (35 euros les 10 billets)

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