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Natasha Sineaeva, informer pour unir

samedi 25 janvier 2003, par Dominique Foufelle, Pénélopes

Membre de l’antenne Jeunesse de l’Assemblée des Citoyens d’Helsinki, Natasha Sineaeva est moldave. Un petit pays et de grosses tensions entre communautés, de par et d’autre du fleuve Dniepr, où la presse n’est pas la dernière à attiser la haine.

Natasha Sineaeva vient de Moldavie. Elle est habituée à devoir préciser la situation géographique exacte de son pays. Elle le fait, en préambule à la présentation de ses activités aux autres membres du débat… La Moldavie est une république de l’ex-bloc soviétique, frontalière de l’Ukraine et de la Roumanie. La population se partage entre russophones et roumanophones, avec des minorités juive et rom. "Les tensions sont moins graves que dans d’autres pays, précise-t-elle, car n’y entrent pas de dimension religieuse." Mais un conflit à caractère politique le divise en deux "sous-pays", division géographiquement marquée par le fleuve Dniepr.

La presse, déplore Natasha Sineaeva, entretient la haine entre les deux groupes linguistiques. D’un côté comme de l’autre, elle véhicule des propos haineux, des versions tendancieuses d’un même fait. Aussi l’antenne Jeunesse de l’Assemblée des Citoyens d’Helsinki, Commission de Moldavie, a-t-elle fait de l’information un de ses axes primordiaux. Elle diffuse une plaquette et a créé une version nationale de la revue internationale The Collage. Il s’agit de proposer une image conforme à la réalité de "l’autre" population, et de faire valoir les avantages pour le pays d’une union pacifique. La Moldavie connaît en effet une grande pauvreté, et ces conflits entravent son développement.

L’antenne mène aussi campagne contre l’antisémitisme, toujours virulent dans cette partie du monde, et en faveur des droits humains en général. Elle travaille à stimuler la citoyenneté de la population roumanophone et des minorités. Si elle ne subit pas la répression du gouvernement, elle ne reçoit guère son soutien non plus.
Aux dernières élections, les communistes ont obtenu 60% des voix. Le reste est allé à l’extrême-droite. Malgré tout, Natasha Sineaeva a confiance. Le niveau d’éducation de la population, en contraste avec son niveau économique, est bon, rappelle-t-elle. Et la société civile forte.

P.-S.

Dominique Foufelle - 24 janvier 2003

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