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Au service des exclues

vendredi 24 janvier 2003, par Dominique Foufelle, Pénélopes

Aux services sociaux de la Ville de Porto Alegre, Sylvia Severo suit la question du genre. Une question transversale puisque, explique-t-elle, prise en compte par maints services municipaux. Enjeu primordial : lutter contre les violences subies par les Brésiliennes dans toutes les couches de la société, une lutte qui passe par la conquête de leur autonomie financière. D’où la promotion des initiatives d’économie populaire et solidaire.

A Porto Alegre, Sylvia Severo est un intermédiaire entre le service municipal auquel elle appartient et les groupes et les associations de femmes. Des femmes pauvres, dont beaucoup de femmes noires, exclues parmi les exclues. Pour transmettre avec succès leurs projets, Sylvia Severo les aide à les mettre en adéquation avec des programmes déjà en cours. Il arrive aussi qu’à l’inverse, un projet suscite un programme. Et si les autorités ne réagissent pas, reste la voie des assemblées populaires pour les appuyer.
La Ville a fait du soutien au développement des alternatives économiques portées par les femmes un de ses axes. Une coopérative ou une association de femmes qui se créé dans un quartier « sensible », c’est un atout pour sa pacification, et les autorités le savent. Les initiatrices incluent naturellement dans leurs objectifs la lutte contre les violences domestiques, la délinquance et la drogue, par l’information et l’éducation. Mais pour que les bénéfices de ces projets soient durables, il faut aider les structures à trouver les moyens de leur autonomie financière. Sylvia Severo relaie les besoins auprès de la municipalité, suit et appuie les dossiers qui, ici comme ailleurs, risquent toujours de s’égarer dans les couloirs. Elle favorise la création de groupes de discussion, où problèmes et solutions sont mis en commun.
Sylvia Sevaro ne se contente pas d’exercer avec conscience le travail social qui justifie sa fonction, elle adhère personnellement aux valeurs de l’économie populaire et solidaire, à un développement économique non capitaliste, qui exclurait l’exploitation et inaugurerait des relations humaines et sociales fondées sur le respect mutuel.

Un avenir au beau fixe

Sylvia Severo fonde beaucoup d’espoirs dans le nouveau gouvernement. La nomination d’Emilia Fernandez au Secrétariat national aux droits des femmes, avec statut de ministre, l’y encourage. Elle croit en l’efficacité et le pouvoir de cette femme, qui accompagne fréquemment « Lula » dans ses voyages à travers le pays. Sa forte personnalité la rassure sur les réelles intentions du gouvernement : des mesures concrètes seront, affirme-t-elle, prises en faveur du respect des droits des Brésiliennes.

P.-S.

Dominique Foufelle - 23 janvier 2003

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