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Faire descendre Porto Alegre dans la rue

vendredi 24 janvier 2003, par Joëlle Palmieri

Renouer avec la tradition du débat public, faire communiquer les populations distantes de plus de 8000 km, les faire discuter, échanger, générer des dynamiques de transfert d’initiatives et de pensées, montrer que ces modes de rencontre sont possibles... bref, créer les conditions d’un véritable forum, telle est la vocation de l’opération « débats croisés » dont l’Apress est à l’initiative pendant ce FSM.

Le 27 janvier 2003, 14h heure brésilienne, plusieurs collectifs, mouvements, groupes et populations, réunis dans plus de 12 villes dans le monde, débattront simultanément de l’enjeu de l’appropriation du Forum social mondial par les populations. Se croiseront ainsi les expressions des habitants de Vienne (Autriche), Bruxelles (Belgique), Porto Alegre (Brésil), Calgary (Canada), St-Denis, Bobigny, Lille, Bordeaux (France), Pays Basque, Téhéran (Iran), Ciudad Juarez (Mexique), Dakar (Sénégal), Zimbabwe, Zambie.
Via un dispositif très simple de relais des débats par mails, en anglais ou français ou espagnol, les discussions seront mutuellement enrichies du local et du global. Ainsi les habitants de St-Denis en France pourront échanger avec des Sénégalais ou encore des Mexicaines tout en discutant localement.
Il s’agit de renouer avec la tradition du débat, de révéler les forces d’un mouvement social armé des outils d’une véritable démocratie participative. Montrer également que ce processus participatif est simple, réplicable, copyleft, transportable, nomade. Quartiers, réseaux, acteurs, peuvent se rapprocher et discuter sans intermédiaire identifié. Tout le monde peut s’approprier l’outil.

Du global au local et inversement

Ces débats croisés vont créer - ont d’ores-et-déjà créé – une dynamique proche ou prallèle à celles des Forums sociaux locaux. Dans la liste des participants, beaucoup d’ailleurs s’en revendiquent, voire envisagent de réutiliser le dispositif au niveau local. C’est le cas du Forum social autrichien qui aura lieu en mai à Vienne. St-Denis et Bobigny sont également fortement mobilisés, avec comme ligne de mire la préparation du prochain Forum social européen (FSE) en novembre. Ce sera, on le souhaite, le cas des Balkans, fin juin. Dans tous les cas, ces échanges seront diffusés largement via mediasol.org et pourront servir en eux-mêmes de sujet de discussion lors du FSE.

Un atelier en parallèle au FSM

Le 27, dans le cadre de la 3e édition du Forum social mondial, l’Apress organise un atelier qui se fera à la fois relais du débat en ligne mais aussi instaurera un débat sur place. Objectif : valoriser le travail sans relâche de l’agence sur une communication populaire, une communication répondant à la demande sociale, une communication au service des mouvements sociaux. Cette opération va permettre d’offrir la possibilité à tous ceux qui ne participent pas au FSM de créer leur propre espace de débat et de le communiquer au FSM, d’offrir un espace de dialogue entre acteurs de terrain et populations, de désamorcer la tendance institutionnelle des forums sociaux mondiaux et continentaux.
En effet, l’institutionnalisation de ces nouveaux lieux de résistance est sans aucun doute un bon signe. Elle fait la démonstration de leur nécessité et de leur existence propre, face à un Davos qui va accueillir les puissants de ce monde. Mais le pendant de cette « reconnaissance » n’est-elle pas la perte de repères des populations, l’éloignement de ses préoccupations ? La réponse est non, si on s’en préoccupe. Etablir des passerelles entre le global et le local reste un passage obligé, côtoyer des formes d’expression représentatives et participatives, une exigence, sous peine d’échec. En somme, repenser la démocratie. Ou encore, tout simplement, croiser les débats pour changer le monde.

P.-S.

Joelle Palmieri- 21 janvier 2003

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