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Quelques-uns des faits qui ont mené à la discrimination officielle des lesbiennes du CADHP

jeudi 26 décembre 2002, par Dominique Foufelle

Le projet de préfiguration du Centre d’Archives et de Documentation Homosexuel de Paris (CADHP) a été conçu par Jean Le Bitoux et Christopher Miles peu avant les élections municipales de 2001. Il a été présenté au candidat à la mairie de Paris, Bertrand Delanoë qui l’a inscrit à son programme (cf. Déclaration du 2 mars 2001). En septembre 2002, après délibération du Conseil de Paris, une subvention de 100 000 euros était accordée à l’Association de préfiguration du centre d’archives et de documentation homosexuelles de Paris dont le siège social est situé 33 rue Richer Paris IXe, avec pour rapporteur Christophe Girard.

Plusieurs réunions préparatoires ont eu lieu. Marie-Hélène Bourcier a participé à quelques-unes d’entre elles, remarqué l’absence des lesbiennes et des transsexuels et demandé des éclaircissements à Jean Le Bitoux et d’autres acteurs. Le Nouvel Observateur Paris Ile-de-France fait état de ses inquiétudes dans un article sur le Gay Marais à la date du 28 février 2002, p. 15. Aucune réponse n’a été donnée par la suite.
Parallèlement, durant l’été 2002 nous étions saisies, Marie-Hélène Bourcier et moi-même, par l’Association Cinéffable à la suite du refus de la Mairie de Paris de leur accorder la subvention qu’elle avait demandée pour organiser le festival de films lesbiens de la Toussaint. Ce refus n’a fait l’objet d’aucun document écrit. Tout s’est passé par téléphone et au début, personne ne voulait les recevoir. Cinéffable a donc décidé d’organiser un débat durant le festival sur les relations du mouvement lesbien avec les institutions politiques. Deux élues "vertes" étaient présentes, Nicole Azarro, membre du Conseil de Paris, et Fabienne Leleux, adjointe à la mairie du Xe arrondissement. Outre Marie-Hélène (d’Archilesb !) et moi-même il y avait deux représentantes de la Coordination Lesbienne en France, Sylvie Meinier (Grenoble) et Nathalie Rubel (Lille + LGBT), Michèle Larouy représentant les Archives Lesbiennes conservées à la Maison des Femmes de Paris, Suzette Tritton et Cinéffable. Presque totalement consacré à la question de la discrimination des lesbiennes au CADHP, le débat fut d’autant plus fructueux que Marie-Hélène Bourcier avait rédigé une pétition " Pour que cesse l’exclusion des lesbiennes dans le projet du futur centre de documentation et d’archives homosexuelles de Paris " qui recueillait quelque 400 signatures durant les trois jours du festival.
Le 29 novembre, les élues vertes nous ont reçues, Marie-Hélène et moi-même, à la Mairie de Paris pour envisager une action commune puisqu’elles nous soutenaient sur le fond. Elles se sont engagées à écrire à Jean Le Bitoux, et aux Verts, laissant entendre que les Verts pourraient ne pas apporter leur appui lors du renouvellement de la subvention au CADFP en 2003 si l’association ne répondait pas sur la question des discriminations. Je n’ai pas encore reçu une copie de leurs lettres et ne peux donc dire ce qu’elles contiennent, ni si Jean Le Bitoux en a tenu compte.
C’est ce jour-là que j’ai eu en main pour la première fois l’ensemble du projet. Constatant l’exclusion volontaire des lesbiennes, tant dans l’argumentation relative aux priorités que dans la bibliographie, j’ai écrit à Madame Anne Hidalgo (La lettre), Première Adjointe au Maire de Paris, pour lui demander ce qu’elle comptait faire pour mettre un terme à cette discrimination officielle. J’ai également contacté Blandine Grosjean, journaliste à Libération, pour l’informer de la pétition (arrivée à 700 signatures début décembre, dont celles de la Coordination Lesbienne en France et d’Act up) et lui transmettre ma lettre à Anne Hidalgo. Son article est paru dans le numéro du 7-8 décembre 2002, p. 17. Mais comme il reproduisait des propos outrageants pour les lesbiennes tenus par un membre du comité de soutien du CADHP, j’ai écrit une lettre de mise au point à Blandine Grosjean (La lettre), et envoyé la copie au Maire de Paris dans l’intention de rester sur les seuls terrains politique et scientifique (La lettre). Un coup de téléphone de Philippe Lasnier du 13 décembre pour me convaincre que Christophe Girard n’avait pas "porté" le projet m’a fait reprendre la plume pour clarifier les choses dans une lettre du 16 décembre 2002.
Nous souhaitons qu’un vrai débat politique et scientifique puisse se tenir publiquement sur cette question. C’est pourquoi nous vous donnons les pièces du dossier en notre possession.
Signer la pétition lancée par Archilesb !

P.-S.

Marie-Jo Bonnet - 17 décembre 2002

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