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Américaines contre la guerre en Irak

jeudi 20 mars 2003, par Sheila

Forcément nationalistes et belliqueux, les citoyen-nes des Etats-unis ? Toutes et tous derrière Bush ? Fort heureusement, non. Dès les premières menaces d’une guerre en Irak, des résistances s’organisaient. Avec en première ligne, des femmes.

Cinquante femmes ont épelé le mot "peace" avec leur corps nu, sur une pelouse. Elles voulaient littéralement incarner la paix et montrer leur solidarité avec les Irakiens. C’est la démonstration la plus étonnante de la volonté des femmes contre la guerre ; elle a eu lieu le 18 novembre près de San Francisco.
Alors que des dizaines de milliers de gens avaient convergé sur Washington au mois d’octobre pour protester contre toute action militaire en Irak, le 17 novembre dernier ont été lancés une vigie et un jeûne pour la paix devant la Maison Blanche. Cette manifestation n’a réuni qu’une trentaine de femmes, membres de divers groupes de femmes comme NOW (now.org) ou de personnes individuelles, des mères et grand’mères. Elle va continuer jusqu’au 8 mars 2003, la journée internationale des femmes.
La vigie et le jeûne, initiés par des femmes mais auxquels les hommes sont les bienvenus, seront maintenus par des participant-es pour autant de temps qu’elles/qu’ils peuvent y consacrer, un jour, une semaine, un mois. Le jeûne n’est pas obligatoire. Bien que l’organisation des vigiles-jeûnes soient encouragée partout aux Etats-Unis, pour le 8 mars, on prévoit une énorme manifestation /marche sur Washington.

Quel coût réel ?

Pendant ces mois de vigie/jeûne, les vrais coûts de guerre seront mis en avant : en victimes (des civil-es, en soldat-es), en accroissement de la pauvreté dû à celui des budgets de la défense, la prolifération de la violence, la dévastation de l’environnement... Les citoyens des Etats-Unis ne tireront aucun avantage de cette guerre et les richesses du pays devraient servir à l’éducation, aux soins de santé, au logement pour les Américains dans le besoin et pour les peuples du monde.
Sous la bannière "United for Peace", (UnitedForPeace.org), se trouve Code Pink (Code Rose), une assocation qui lutte "pour une frappe défensive pour la paix". Le Code rose sonne l’alerte d’un péril extrême pour les valeurs de solidarité et de compassion, la rose signifiant la beauté et l’aube d’une nouvelle ère dans laquelle la coopération et la négociation primeront sur la force.
Les femmes et les hommes sont appelés à se manifester et à manifester dans toutes les villes en montrant leur opposition à la guerre, en contactant les élu-es, en faisant preuve de désobéissance civile. Dans la plupart des Etats et dans beaucoup de villes grandes et petites, des manifestations ont et auront lieu aux dates fixes et aux intervalles réguliers.

Pas en notre nom !

Par exemple, la WAMM (Women Against Military Madness = Les Femmes Contre la Folie Militaire, en Minnesota ; worldwidewamm.org) organise une vigie hebdomadaire, pacifiste et légale. Cette association réunit 1400 ménages qui disent "vivre nos principes féministes en se structurant d’une façon non-hiérarchique et en prenant des décisions de façon consensuelle".
Les mères manifestent et appellent aux mères de se joindre à MAU (www.mothersactingup.org, les mères agissantes) et de demander, chacune, aux élus, aux gouvernements, aux PDGs de protéger le bien-être des enfants.
Déjà en septembre dernier avant le vote au Congress autorisant le recours à la force contre l’Irak, les organisations des femmes critiquaient Bush pour sa politique guerrière. La loi a passé en octobre facilement avec 296 pour et 133 contre dont 34 déléguées. NOW s’oppose à la guerre et condamne la résolution du Congress. La vice-présidente, Olga Vives, dit : "… les femmes seraient touchées proportionnellement beaucoup plus fortement . .… Comme pendant les guerres précédentes, les crédits seraient détournés de l’éducation, de la santé, des dépenses sociales. … Les femmes pâtiront de toute réduction de dépenses en politique intérieure." Et pour les femmes irakiennes, cette guerre pourrait dégénérer et mener à une société encore plus militarisée.
La pétition ou l’engagement "Not in Our Name" (Pas en notre nom !) a réuni beaucoup de femmes connues comme Gloria Steinem, Robin Morgan, Bell Hooks, Angela Davis, Eve Ensler, etc. Mais ce mouvement n’est pas un mouvement de femmes. Le grand site féministe de la Majorité Féministe, (feminist.org), ne mentionne pas l’effort contre la guerre en Irak. Même chose pour d’autres sites de femmes. La guerre en Afghanistan et les luttes des femmes dans ce pays sont en revanche en bonne position avec appels à la solidarité, actions à mener, aide à apporter.

Des sites pour la paix

La plupart des sites pour la paix sont en général orientés vers un public mixte. Cependant, les photos montrent beaucoup plus de femmes que d’hommes. Il semblerait qu’en général le fait d’organiser des manifestations et des mouvements de résistance en tant que femmes pour ce qui concerne cette (éventuelle) guerre-ci ne répond pas à un besoin ou à une demande très forts.
Il y a peut-être un progrès à noter : dans le temps les femmes s’organisaient en tant que mères ; elle n’avaient pas beaucoup de pouvoir, mais elles occupaient les sphères morales élevées ! Aujourd’hui, la mobilisation contre la guerre, cette guerre-ci, semble être le fait de groupes de femmes sur le plan local et des hommes et femmes ensemble.

P.-S.

Sheila Malovany - 28 novembre 2002

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