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Violences en culottes courtes

samedi 30 novembre 2002, par Dominique Foufelle

Je crains qu’on ne se fasse allumer si on ne titre pas, comme tout le monde, sur le porno : "Quoi ? c’est un sujet qui concerne les meufs, ça !" - comme s’il existait des sujets qui ne nous concernent pas. C’est vrai, ça serait dommage de rater une occasion de se faire traiter de réacs en répétant que le porno, ça ne représente pas franchement l’idée qu’on se fait de la libération sexuelle. Et que défendre ce temple de la phallocratie au nom de la liberté d’expression - non merci ! Je vais même être obligée d’avouer que s’il prenait à mon fils l’idée d’en visionner, je ne me gênerais pas pour lui dire tout le mal que j’en pense. Pour l’heure, n’ayant que 7 ans, il se limite aux programmes "pour la jeunesse". Ceux-là même que le rapport Kriegel sur la violence à la télévision, à ma connaissance, ignore totalement. Et pourtant… Y avez-vous un jour jeté un œil, Mesdames et Messieurs de la Commission, en compagnie de vos bambins qui, je suppose, s’en délectent autant que ceux de la France d’en bas ?

Je crains qu’on ne se fasse allumer si on ne titre pas, comme tout le monde, sur le porno : "Quoi ? c’est un sujet qui concerne les meufs, ça !" - comme s’il existait des sujets qui ne nous concernent pas. C’est vrai, ça serait dommage de rater une occasion de se faire traiter de réacs en répétant que le porno, ça ne représente pas franchement l’idée qu’on se fait de la libération sexuelle. Et que défendre ce temple de la phallocratie au nom de la liberté d’expression - non merci ! Je vais même être obligée d’avouer que s’il prenait à mon fils l’idée d’en visionner, je ne me gênerais pas pour lui dire tout le mal que j’en pense. Pour l’heure, n’ayant que 7 ans, il se limite aux programmes "pour la jeunesse". Ceux-là même que le rapport Kriegel sur la violence à la télévision, à ma connaissance, ignore totalement. Et pourtant… Y avez-vous un jour jeté un œil, Mesdames et Messieurs de la Commission, en compagnie de vos bambins qui, je suppose, s’en délectent autant que ceux de la France d’en bas ? Les scénarios de la plupart des dessins animés sont aussi indigents que ceux des films pornos, et la qualité esthétique équivalente. Tout y tend vers un seul but : la victoire du héros, armé de son pétard géant qui lance des flammes. Tandis que les rares personnages féminins, en retrait, se pâment : Oh ! oui ! Encore ! J’en veux ! Pas la peine d’informer vos enfants, ils l’apprennent ainsi dès leur plus jeune âge : ce que la femelle aime chez le mâle, c’est la démonstration de force. Il y a des séries moins directement violentes, je vous l’accorde. Elles nous content des tranches de vie, souvent dans les cours d’école. Et là encore, les petits enregistrent quelques vérités profondes sur les relations entre les sexes : les filles sont malignes et sournoises, les garçons balourds et crédules ; les unes bernent les uns. Si vous additionnez ces deux leçons de vie, vous en arrivez à la conclusion suivante : pour se faire respecter par la fille, le garçon doit montrer sa force. Autrement dit, sortir son pétard. Le jeune (télé)spectateur peut passer directement de ces programmes produits à la chaîne par des multinationales à Rambo… et au porno. Tant qu’il n’y aura pas d’éducation à la non-violence et au respect entre les sexes dès le plus jeune âge, la violence filmée (dans laquelle j’inclus les films porno) conservera ses clients, et la censure ne peut que redorer son blason. N’est-ce pas ce que tout le monde veut, au fond ? L’industrie de l’image, de toute évidence. Et peut-être même les "intellectuel-les" médiatisé-es, qui auraient du mal à faire avaler à un public libéré des clichés qu’ils-elles mènent des débats profonds et novateurs.

P.-S.

Dominique Foufelle - novembre 2002

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