Accueil du site > Dossiers > Sous dossiers > Les esclaves se rebiffent

Les esclaves se rebiffent

lundi 30 septembre 2002, par Dominique Foufelle

Lasses de conditions de travail intolérables, les employées d’une société de nettoyage mènent depuis six mois une lutte exemplaire.

La chaîne hôtelière Accor, c’est 3.000 hôtels dans le monde, sous les enseignes Sofitel, Etap, Ibis, Novotel, Formule 1, Parthenon, Mercure, Coralia, Thalassa, Motel 6, Atria. Un énorme marché pour les entreprises auxquelles elle sous-traite l’entretien. Alors, pour plaire à ce client en or massif en lui proposant des prestations à prix d’amis, ces entreprises exploitent outrageusement leurs employés.
Les femmes de chambre employées par la société de nettoyage Arcade travaillent dans des conditions moyenâgeuses : pas de vestiaires, pas d’endroit pour se restaurer, rien à boire. Elles sont tenues de nettoyer une chambre en 17’, à raison de 1,63 euros par chambre nettoyée. Aussi longtemps qu’elles travaillent, elles ne sont jamais payées plus de 5 heures par jour, débauchées et déclarées absentes quand il n’y a pas de travail.
Ces personnes sont des femmes, immigrées - particulièrement fragilisées donc, et à qui, croyait Arcade, il était possible d’imposer n’importe quoi. Certaines se sont pourtant révoltées, et ont décrété une grève. Et malgré le licenciement de grévistes, cette grève tient depuis 6 mois. L’accumulation des souffrances (morales et physiques, car leurs conditions de travail ont déclenché des pathologies) et des humiliations leur a donné une détermination que les pressions n’entament pas.
Un comité de soutien a été créé - dont des militants qui distribuaient un tract sur la voie publique ont été convoqués devant le tribunal de police et risquent des amendes. Le groupe Accor adopte un profil bas, et en se prétendant non concerné par le conflit, soutient de fait son prestataire esclavagiste. Rien d’étonnant : ses hôtels ont accueilli des congrès du FN, et Mégret et ses sbires au soir de l’élection présidentielle ; en outre, il gère des centres de rétention, et une de ses filiales assure l’expulsion hors des frontières des immigrés.

Faute de propositions acceptables d’Arcade, les grévistes poursuivent leur action - en solidarité avec les sans-papiers, car l’immigration clandestine profite aux négriers. Elles ont besoin de soutien pour tenir jusqu’à une issue favorable.
Le comité de soutien appelle :

- à boycotter les hôtels du groupe Accor ;

- à le rejoindre tous les samedis, à 11 heures, place du Châtelet à Paris ;
- à distribuer des tracs devant les hôtels Accor ;

- à apporter votre soutien financier à la lutte.
Contact : Sud Nettoyage - Tél. : 01 42 43 35 75
http://www.ras.eu.org/arcades

P.-S.

Dominique Foufelle - septembre 2002

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0