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Résistance et alternatives

lundi 30 septembre 2002, par Joëlle Palmieri

L’Afrique du sud et son Sommet de la Terre a révélé un concentré d’horreur. Le racisme allié au libéralisme et au sexisme est une bombe à retardement, ou plutôt la représentation de la toile d’araignée qui nous attend toutes, un jour ou l’autre. Alors, l’heure est à la révision sérieuse de notre copie. Après la quête des droits, la valorisation des résistances, nous devons définitivement passer à l’offensive concertée, aux alternatives.

Alors que tout au long du Sommet de la Terre qui s’est tenu du 26 août au 4 septembre à Johannesburg, Afrique du Sud, la presse internationale – non alternative bien sûr - a joué les fines bouches, la réalité de la métropole et du pays s’est faite chaque jour un peu plus cruelle. Alors qu’il était impossible d’opérer une couverture média digne de ce nom, que plus de 30km séparaient les différents lieux de débats, une tente des femmes trônait au milieu de la Nasrec, lieu de ralliement des Ong. Belle initiative, enterrée d’avance par le système imposé par les organisateurs du Sommet. Et puis, le doute s’est mis à traverser tous les esprits. Comment dans un pays où se stigmatisent toutes les formes de domination, classe, race, sexe, peut-on échapper aux pièges de l’insertion quand on est femme , noire et pauvre ? Comment créer son propre outil de travail, alors que tous les secteurs de l’économie sont entre les mains des multinationales qui ont, pour leur part, joué les fières à bras, s’imposant dans tous les domaines : alimentation, santé, éducation ? Comment retrouver sa dignité alors que les droits élémentaires sont bafoués : pas d’accès à l’eau, à l’électricité, à la terre, à la mer ? Comment lutter contre toutes ces formes d’oppression, quand on ne peut pas se loger, trouver du travail, avoir des ressources ? Les mouvements existent bels et bien, mais la criminalisation du mouvement social est fatalement à l’ordre du jour. Et puis, cette saloperie de maladie, le sida qui fait chaque jour plus de morts, fait perdre sa dignité, nous ramène inexorablement à la question de départ. L’apartheid, le libéralisme, le sexisme a décidément fait fi de ces malades, par ignorance mais surtout par intérêt. Alors, peut-on échapper à la mondialisation libérale ? Où qu’on soit ? La question se pose crûment et fait peur. Où pourrons-nous désormais trouver les réponses ? La résistance, désormais insuffisante, et encore moins la quête des droits, implicitement mise entre les mains des Etats, doit se transformer en stratégie d’alliance, pour faire masse, pour convaincre l’opinion publique que nous sommes sévèrement en danger et que des alternatives à ce monde sinistre sont possibles.

P.-S.

Joelle Palmieri - 27 septembre 2002

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