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Timide couverture par la presse internationale

mardi 17 septembre 2002, par Emmanuelle Piron, Pénélopes

En ce premier jour des négociations, la presse internationale a fait une couverture timide des évènements. Pas encore assez d’accords ou de désaccords sur les alinéas en négociation, elle préfère présenter brièvement les positions nationales ou illustrer le Sommet avec des exemples de projets concrets.

Les correspondants de presse n’auront pas manqué de faire remarquer le choix contestable d’organiser le Sommet dans un complexe moderne et luxueux à deux pas des townships les plus pauvres de l’Afrique du Sud. Le journal « Le Monde » pousse le cynisme jusqu’à comparer les coûts d’organisation d’un tel sommet (au total 80 millions dont 33 millions apportés par le gouvernement Sud-Africain) avec les dépenses sociales des pays en voie de développement. Ils correspondent à 67% du budget de santé du Mali et permettraient le raccordement à l’eau potable de 80.000 personnes dans une ville telle que la Paz ou Manille. On peut se demander si, pour leurs calculs, ils ont utilisé les tarifs de Vivendi qui ne sont forcement « durables » .

Comme le souligne l’éditorial du quotidien colombien « El Tiempo », les entreprises ne sont pas absentes des débats. Il rappelle, par exemple, la solution proposée par G. Bush contre les incendies de forêts qui dévastent notre patrimoine naturel : « il suffit de les couper avant qu’elles ne brûlent » faisant ainsi la place belle aux professionnels du secteur ! L’enjeu du Sommet est en effet de concilier le développement, sous-entendu économique, et la préservation de l’environnement, ce qu’on entend par « durable ». En matière d’environnement, ou de biodiversité, les entreprises ne veulent pas de lois qui pourraient contraindre leurs activités comme le revendiquent les ONG présentes. Pourtant, comme le note l’éditorialiste, si l’OMC (Organisation mondiale du commerce) impose des normes sur les droits d’auteurs et donc réglementent le monde des télénovelas, pourquoi ne serait-il pas possible d’avoir des lois qui traitent de la survie de la planète ?

Les chapitres sur la table des négociations de ce mardi traitent de l’agriculture et les questions épineuses ne manquent pas. Pour le journal argentin, « La Nacion », les subventions agricoles européennes ont été l’objet de vives critiques de la part des pays du Sud qui ne peuvent concurrencer nos produits dans de telles conditions. Les délégués ont demandé à ce que les nouvelles technologies en fertilisation et les autres technologies agricoles soient disponibles pour les pays du Sud, confrontés à une paupérisation des sols et aux famines, selon le Corriere de la Serra.

Le quotidien « Japan Daily Yomiuri » revient sur la position japonaise qui sera défendue à Johannesbourg. Baptisée « Plan Koizumi », elle met l’accent sur l’éducation, le développement et la protection environnementale. Ce dernier thème étant le plus cher à la délégation japonaise, qui en a étonné plus d’un par sa taille. Le premier Ministre, le ministre des Affaires étrangères et le ministre de l’Environnement sont déjà présents. Mais ils regrettent que l’accent soit mis sur le développement, plus que sur l’environnement, au moment même ou il serait judicieux de rappeler l’importance des engagements de Kyoto.

Les pays du Sud ne manqueront pas de demander plus d’argent aux pays développés et le Japon regrette vivement être le seul du bloc Nord a ne pouvoir augmenter son aide aux pays du Sud. L’article souligne que les Etats-Unis augmenteront le budget pour les pays en voie de développement de 5 milliards de dollars en 2006 et l’Union européenne de 7. Le Japon, en récession économique, aura une contribution en retrait. Pour le « Japan Daily Yomiuri », l’absence de considération pour le protocole de Kyoto et la diminution de l’ aide en faveur des pays du Sud, affaiblissent considérablement le poids du Japon dans les négociations qui n’est plus vu comme une grande puissance.

Quelques mots du Sommet alternatif, ouvert à tous, dans « El Pais », qui présente un conteneur à mini-entreprises équipé de 20 panneaux solaires et totalement autonome en énergie. Cet espace peut abriter jusqu’à 5 activités : coiffeur, cyber-café, entreprise de location de batteries chargées….Ce prototype qui peut présenter une vraie alternative pour les villages isolés d’Afrique et d’ailleurs et qui ne consomment que de l’énergie « positive » à été développé par Greenpeace. Ils sont à la recherche de sponsors…..

P.-S.

Emmanuelle Piron - 28 aout 2002

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