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Retrouver sa dignité

mercredi 4 septembre 2002, par Joëlle Palmieri

Dans une atmosphère très grave, les séances de soutien psychologiques accueillent des femmes en grande détresse. Le jeu consiste alors à valoriser la malade, qui, au final, retrouve sourire, moyens d’expression et espoir.

Durant une séance de soutien, dans une petite pièce, une femme entourée de cinq autres, membres de l’Acct, est interpellée par Glen Mabuza qui anime le groupe. Elle lui demande de s’exprimer sur ce qu’elle ressent, d’expliquer aux autres si elle est heureuse, si elle connaît l’échange, l’amour... Le mari de la “ patiente ” est entre la vie et la mort. Entichée d’un bonnet, de chaussettes hautes, de chaussures de montagne, elle se met difficilement en marche, toute recroquevillée sur ses mains qu’elle tripote sans fin. A force de persuasion, elle émet quelques mots que Glen jette sur une page de bloc de papier : peur, mourir, payer, enterrement, heureuse, amour, foyer. Même si dans le même temps, des assiettes de nourriture sont servies aux différentes participantes, la femme ne mange pas. Elle reste prostrée. A un moment, Glen tente : “ il existe une différence entre le foyer et la maison ” et lui demande où elle se trouve. La femme arrive enfin à exprimer qu’elle voudrait que sa maison devienne enfin un foyer. Ce qui signifie : confiance, respect, amour, protection (du mari), partenaire de choix, espoir. Et puis commence le travail sur le deuil. Son mari va mourir, elle est malade – elle est séropositive -, mais va survivre. Il est temps qu’elle s’occupe d’elle-même, après avoir pris soin de tout le monde : mari et enfants. Glen lui fait alors remarquer qu’elle est belle mais qu’elle ne se met pas du tout en valeur. Elle lui ôte son bonnet, lui demande de déployer son corps, de respirer calmement. La femme le fait avec plaisir. Un sourire se dessine enfin sur son visage. “ Qu’attends-tu de nous ? ”, lance alors Glen. La patiente a du mal à démarrer. Enfin : “ du soutien ”. Alors, les autres assistantes, qui jusque-là s’occupaient à enfiler des perles, prennent chacune à leur tour la parole en expliquant ce qu’elles peuvent personnellement apporter. Après le tour de table, Glen agresse sa patiente : “ il faut que tu te prennes en charge, que tu te laves, te soignes te coiffes, t’habilles, te mettes en valeur ! ”. La femme rit. Tout le monde se lève et célèbre ce rire. Puis, discrètement, la femme raconte qu’elle a trouvé un nouvel amour. Tout le monde applaudit. Glen Mabuza lui dit alors qu’elle est prête à écrire son histoire et à entrer dans le processus “ memory box ” (boîte à mémoire) afin de sauvegarder sa mémoire. Fin de la séance.

P.-S.

Apress – 30 août 2002

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