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Prolife : une offensive organisée

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat


Du 3 au 18 mars 2000, lors de la Rencontre du Comité Préparatoire (PrepCom) de la Session Spéciale "Beijing Plus Cinq" de l’Assemblée Générale des Nations Unies pour la revue de ces cinq dernières années, Austin Ruse, Directeur du "Catholic Family and Human Rights Institute" (C-FAM) a appelé à combattre la "Plate-forme Beijing pour l’Action, l’un des documents les plus radicaux et dangereux qu’on puisse imaginer" ! Cette Plate-forme fut adoptée par consensus par les 189 pays représentés à la Quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes des Nations Unies, en 1995, à Beijing. Le Forum des Organisations Non Gouvernementales (ONG) a amené 35000 femmes du monde entier, un record. Les groupes conservateurs et "pro-vie" (anti-choix) furent aussi plus nombreux que d’habitude.

La Droite Chrétienne a joué un rôle croissant dans la politique des Etats-Unis d’Amérique depuis les années 1970. Se proclamant par la suite "Nouveau Droit" (ou "Nouvelle Droite" ?!), ces conservateurs sont maintenant majoritairement des chrétiens blancs et de classe moyenne.
La coalition "pro-famille", qui ne représente qu’une poignée d’organisations des USA et du Canada, et qui vise à influencer les Nations Unies, a aussi inclus Mormons et musulmans au PrepCom.

Le Centre Howard, créé en 1997, et très lié au Parti républicain des USA, a pour but des "recherches démontrant que la famille et la religion sont la base d’une société vertueuse et libre". Le directeur de ce centre fut sollicité par l’ex-président Reagan pour servir la Commission nationale pour l’enfance.

Le C-FAM fut fondé en 1997 et possède maintenant un réseau de branches internationales affiliant 88 pays. Son but est d’établir un bloc de 12 pays pour "stopper la politique "anti-famille" aux Nations Unies". C-FAM est au centre d’une coalition de groups travaillant avec des bureaucrates et diplomates pour protéger les "non-nés" et la famille !

Au Canada, les "Vraies Femmes" ont pour mission de "réaffirmer que la famille est l’élément le plus important la société, et promouvoir l’égalité, l’avancement et le bien-être des femmes" !

La coalition "pro-famille" rejette les formes modernes de contrôle des naissances telles que la pilule et les préservatifs. Elle voit aussi les femmes comme biologiquement destinées à servir prioritairement dans la sphère privée, pas pour avoir une carrière.

Les ONG pro-famille croient que la famille est désintégrée à cause du féminisme - qui aurait dévalué les rôles "traditionnels" des femmes - , de la révolution sexuelle, des droits des homosexuel-le-s et du libéralisme. Les pro-famille se réclament des vrais défenseurs des femme et même parfois le langage des femmes pour décrire leur mission. Ils prétendent que les féministes sont des imposteurs-trices qui ne parle pas pour la majorité des femmes.

Les propos et les positions du Vatican sont très proches de ceux des pro-famille. Le Earth Negotiations Bulletin (20/3/2000) rapporte qu’il y avait des "spéculations dans les couloirs des Nations Unies et que le Saint-Siège espère que ces groupes vont continuer à faire du lobbying pour les positions conservatrices sur la santé de la reproduction, pour laquelle ils ne peuvent plus appeler ouvertement dans le contexte "post-Beijing et des accords ICPD." Fait surprenant, de nombreux représentants des pro-famille ne semblaient pas bien informés et furent "collés" par les termes tels que ONG ou PrepCom. Certains ne semblaient pas avoir les idées claires sur l’organisation les ayant accrédités au processus. Au moins un tiers des représentants des pro-famille eux sont des hommes dans une arène d’ONG majoritairement féminine.

Certains ont usé de manœuvre politique intrusive et ont voulu en faire prier d’autres, les entourant à tel point que certain-e-s défenseur-se-s des droits des femmes et des participantes lesbiennes se sont senti-e-s vulnérables face à des abus verbaux et une agression physique potentielle.
Les "leaders" des pro-famille ont organisé la présence d’au moins 40 jeunes sous le nom de l’Alliance des Jeunes du Monde : cette clique politique est principalement formée de jeunes hommes et de personnes venant de la zone de Washington D.C.

L’action des pro-famille a conduit certaines délégations gouvernementales à critiquer la présence des ONG en général ; l’Union Européenne, soutenue par le JUSCANZ et Mexico, a fortement critiqué ceux qui ont tenté de faire obstacle aux travaux du PrepCom.

Les ONG religieuses féministes furent aussi plus fortement présentes que jamais auparavant.

Rappelons par ailleurs que la Droite Religieuse a traditionnellement plaidé pour la dissolution des Nations Unies.

La communauté des ONG a jusqu’ici généralement consisté en plaidoyers progressistes pour la justice sociale, encourageant les états à assurer les droits humains et à promouvoir la paix et le développement.

Les ONG des Droits des Femmes peuvent faire connaître leur travail sur la protection de la maternité et de la famille. Les féministes peuvent clarifier leurs propres réponses concernant les difficultés des mères et des familles. Le travail des activistes féministes dans ce domaine est quelque chose que nous pouvons résolument célébrer publiquement.

"Pro-family" Web-sites :


Catholic Family and Human Rights Institute <http://www.c-fam.org>
Family Research Council- UN Program <http://www.frc.org/misc/unprojct.html>
Concerned Women for America <http://www.cwfa.org>
World Congress of Families II <http://www.worldcongress.org>
NGO Family Voice <http://www.law.byu.edu/NGO_Family_Voice>
Howard Center <http://www.profam.org

D’après "300 Représentants de la Droite Religieuse viennent à la Rencontre du Comité Préparatoire de "Beijing Plus Cinq"", par Jennifer Butler, Ecumenical Women 2000+, publié par Global Policy Forum, 25 avril 2000
traduction de Meil Abada-Simon

Texte intégral en anglais

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