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Plus de 5000 femmes sont quotidiennement maltraitées en Afrique

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

par Kumbirayi Glenda Mashingaidze
par courtoisie de femmes-afrique-info

Plus de 5000 femmes sont quotidiennement maltraitées en Afrique, selon Mary Okumu, une grande militante africaine des droits de l’Homme.
Okumu travaille avec l’organisation non gouvernementale ’Africa el Taller’ dont le siège est a Nairobi. Elle dit qu’en Afrique, les femmes sont davantage violentées et maltraitées lorsqu’elles osent montrer leur colère ou leur résistance aux abus. ’’Beaucoup de femmes souffrent en silence et mettent au monde une nouvelle génération de filles qui sont aussi victimes de nouvelles formes de violence’’, affirme-t-elle.
Après avoir assisté à une conférence ayant pour thème : ’la violence à l’égard des femmes et des enfants : prévention et gestion de ses effets sur la santé’ à Harare, la capitale Zimbabwéenne du 19 au 22 avril, Okumu déclare que les formes les plus communes de violence incluent ’’le châtiment corporel infligé aux femmes, le harcèlement sexuel, le mariage forcé, le viol et l’excision’’.
En Afrique du sud, une femme sur trois est battue par son mari ou son partenaire, d’après la Commission sud-africaine chargée de l’égalité des sexes (CGE). ’’L’Afrique du sud est l’un des pays du monde où le taux de viol et de meurtre des femmes est le plus élevé’’, affirme la CGE.
Les recherches montrent que plus de 32.000 viols et agressions physiques sont commis chaque année contre les femmes en Afrique du sud. Cependant, certains estiment qu’un seul cas sur 36 est signalé, moins du tiers des cas signalés sont jugés et la moitié de ces jugements débouchent sur des condamnations. ’’La violence à l’égard des femmes est aussi liée à la violence à l’égard des enfants. Les hommes ne battent pas seulement leurs femmes mais aussi les enfants’’, déclare Daisy Nyamukapa du ministère zimbabwéen de la Santé et des Affaires infantiles. Au Zimbabwe, la majorité des victimes de la violence sont âgées de 20 a 49 ans, selon le Musasa Project, une organisation non gouvernementale (ONG) qui héberge les femmes battues.
Au Kenya, les statistiques de la police indiquent qu’au moins 4000 agressions perpétrées contre des femmes et des filles ont été signalées pendant la première moitié de 1998, mais cela ne présente pas l’image réelle de la situation car la plupart des victimes choisissent de ne pas signaler leurs mésaventures, annonce la Coalition pour la lutte contre la violence à l’égard des femmes (COVAW). Dans le monde, 20 à 50 pour cent de toutes les femmes déclarent avoir été physiquement agressées par un partenaire intime au moins une fois dans leur vie. Plusieurs femmes ont été constamment maltraitées, relève le Projet de Santé et de Développement dont le siège est à Washington.
Un récent rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que la violence exercée à l’égard des femmes cause plus de décès et d’invalidité - chez les femmes âgées de 15 a 44 ans - que le cancer, le paludisme, les accidents de la route et même les guerres dans le monde. Les derniers chiffres publiés par le Fonds des Nations Unies pour les femmes (UNIFEM) en 1996 montrent que 856 cas de meurtre de femmes étaient signalés au Botswana, 263 étaient dénoncés en Zambie et 249 étaient dévoilés au Zimbabwe.
Dans la plupart des cas, le principal suspect ou la principale personne condamnée pour le meurtre est un partenaire intime de la femme assassinée, car ces partenaires représentent 40 a 60 pour cent des cas analyses, constate Femmes, Droit et Développement en Afrique (WILDAF).
Au Rwanda, par exemple, la plupart des personnes massacrées en 1994 avaient été les cibles de leurs voisins hutus (ou Interahamwe, ce qui signifie ceux qui luttent ensemble dans la langue kinyarwanda). Francine Kimanuka, un médecin rwandais chargé d’examiner les cas de violence perpétrée à l’égard des femmes, raconte qu’au cours du conflit rwandais (1994-1997), le viol et la torture sexuelle servaient d’armes de guerre. ’’Après le génocide, plusieurs personnes étaient blessées, frappées d’invalidité, traumatisées ou mutilées’’, dit-elle.
Juliet Kasangwa, une militante rwandaise des droits de l’Homme, explique que dans son pays, les femmes battues ’’ne vont pas se faire traiter, à cause de la pauvreté, de la honte, de l’ignorance, du manque de confidentialité et de soins appropriés de santé’’. Depuis 1996, l’OMS a initié un projet pour subvenir aux besoins des femmes et des jeunes filles violentées dans ce petit pays d’Afrique centrale.

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