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Réduction du temps de travail

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

>La réduction du temps de travail est au centre de nombreux débats. La lourde machine mise en place par le gouvernement mobilise l’ensemble des acteurs du mouvement syndical et social, mais ne sert-il pas surtout à canaliser un temps la contestation ? En déployant l’espoir que la solution au chômage se trouve dans l’amélioration de la qualité de vie de celles et ceux qui ont un emploi à temps plein, on creuse le fossé entre celles et ceux qui ont un emploi à temps plein et celles et ceux qui n’en ont pas. Mais surtout, ce projet de loi permet de masquer la réalité du marché du travail.

>L’expansion du travail à temps partiels sous contrats précaires est le nouveau mode de gestion de la main d’oeuvre, qui va s’installer avec l’industrialisation des services. Exiger la fin des exonérations des charges patronales n’est pas suffisant. A Bruxelles et à Bercy, des orientations sont prises pour « moderniser la réglementation du travail ». Les femmes ont déjà expérimenté ce mode de gestion du personnel, qui permet flexibilité et mobilité sans contre-parties, avec ses effets connus en terme de discrimination (type d’emplois offerts) et d’inégalités (rémunération, accès à la protection sociale, à la formation et à la promotion).

>Comment cela se fait-il, vu l’ampleur du phénomène, que la réglementation de ces nouvelles formes d’emplois, qui obligerait les employeurs à reconnaître le statut multi-employeurs et les conditions à respecter pour qu’il soit tenable, ne soit pas la priorité des priorités ?

>Parce que cela concerne essentiellement les femmes et les jeunes ?

>Le mythe de l’emploi à vie dans la même entreprise et du retour au plein emploi est sciemment entretenu pour nier cette priorité, au lieu d’agir sur elle.

>Les femmes à temps partiel recherchent des compléments de revenus, mais leur conditions d’embauche ne leur permet de cumuler plusieurs mi-temps (mobilité des horaires, temps de déplacement, heures supplémentaires, ...). Le statut multi-employeurs doit s’accompagner de garanties, si l’on veut obtenir l’égalité de traitement entre femmes et hommes sur le marché du travail et l’égalité entre salarié-e-s à temps plein et à temps partiels.

>Chantal Melliès du Collectif « Ruptures »

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