Accueil du site > Ressources > Sénégal : un pays en difficulté relative

Sénégal : un pays en difficulté relative

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

Par Marie-Hélène Mottin-Sylla

Le Sénégal compte huit millions d’habitants sur une superficie d’environ le tiers de la France. Il existe un véritable déséquilibre entre écologie et répartition de la population : environ 60 % de la population est concentrée le long de la façade atlantique, surtout au niveau du bassin arachidier. La conurbation de Dakar compte environ le tiers de la population. Toutes les régions Nord, Est et Sud (Sud-est) sont en état de dégradation environnementale avancée (faune et flore), avec de très faibles moyens économiques et sociaux. On compte quelques situations particulières, comme la vallée du Fleuve Sénégal, avec les ressources de l’immigration, la mise en valeur du Fleuve Sénégal, quelques gisements d’or et de marbre, mais minimes, et en Casamance, du côté Atlantique, des richesses naturelles mais peu mises en valeur, la remontée de la salinisation, mais tous les troubles politiques, qui durent depuis presque 20 ans, sont aujourd’hui assez sérieux : mines anti-personnel, insécurité sur la frontière sud...

Ressources économiques

Depuis la colonisation, le pays a connu une quasi monoculture arachidière mais aujourd’hui, ce secteur est peu rentable. Restent deux grandes ressources économiques qui sont le phosphate et la pêche. Le secteur de la pêche traditionnelle est très actif, mais les conditions d’exploitation sont difficiles et la rémunération faible. De ce fait, la seule industrie réellement rémunératrice est le tourisme qui est la première ressource de revenus au Sénégal (environ 800000 touristes par an, ce qui est faible comparé au Kenya). Mais ce secteur est entre les mains de groupes internationaux, les tours operators...
Le tissu industriel est très limité et est confronté à de nombreux problèmes. Il y a très peu de sociétés de type moderne, et le contingent de salariés est très réduit. Près de 60% de l’activité économique du Sénégal relève donc du secteur "informel" où les femmes sont grandement présentes.

Population et éducation

Le taux moyen d’espérance de vie est de 60 ans. 50% de la population a moins de 20 ans, cet énorme problème économique lié à la jeunesse dérive vers des questions d’insécurité urbaine. Le taux d’analphabétisme est de 60 % pour les femmes et de 30 % pour les hommes. Les femmes ont en moyenne 6 enfants - on note une diminution certaine du taux de fécondité : il y a 20 ans, on comptait 7 à 8 enfants par femmes. Le taux de contraception moderne est passé de 4 à 8 %. L’âge moyen des filles à la première grossesse est vers 18 ans.
Il y a parité garçons/filles en matière d’instruction scolaire (entre 30 et 50 % des enfants sont scolarisés dans le primaire), mais dès qu’il s’agit du cycle secondaire, les filles ne représentent plus que 30 % et dans le supérieur, elles constituent une moyenne de 3 % seulement.

Quel développement ?

Les politiques de développement social ont été faites de manière volontariste par l’Etat depuis l’indépendance. Cependant, depuis près de 15 ans, il se désengage dans presque tous les secteurs, avec l’impulsion notamment des instances financières internationales, le FMI et la Banque Mondiale, et les plans d’ajustement structurels, la dévaluation de 1994... Ainsi, les secteurs publics de service (santé, éducation, transports publics, etc.) vont à vau-l’eau. La paupérisation se féminise.
Néanmoins, le Sénégal ne fait pas partie des pays les moins avancés, et finalement n’est pas dans un état extrêmement mauvais comme d’autres pays de la sous-région. Il bénéficie d’une situation de stabilité politique et humaine (ethnique, linguistique, religieuse) qui permet la perspective de politiques de développement. Enfin, dans certains domaines, le Sénégal a su mettre en place des politiques innovantes et précoces comme la lutte contre le sida (taux de prévalence de 1 % dans la population générale), et les politiques de TIC (techniques de l’information et de la communication).

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0