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Surpopulation et santé reproductive et sexuelle

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

>par Pascale Castro-Belloc

>Cinq ans après la tenue au Caire, de la Conférence Internationale sur le Développement et la Population, une Commission doit se rencontrer à New York et faire le bilan. Elle travaillera aussi sur les conclusions fournies par trois associations britanniques, qui s’occupent de santé reproductive et sexuelle.

Nous serons 6 milliards de terriens en octobre 1999 et si nous ne nous préoccupons pas de la croissance de la population, avertissent les agences internationales, les différents pays du monde pourraient bien être assis sur une bombe à retardement.
C’est pourquoi trois associations britanniques travaillant dans le secteur de la santé reproductive et sexuelle se sont attelées au problème. Leur but est d’attirer l’attention sur le défi que représente une communauté mondiale de 6 milliards d’habitants.
Leur action consiste à évaluer les résultats obtenus 5 ans après la tenue, en 1994, de la Conférence Internationale sur le Développement et la Population (ICPD) au Caire. Leurs conclusions serviront de base de travail lors d’une rencontre de la Commission sur la Population et le Développement qui se tiendra à New York, du 22 au 30 mars.
Elles mettent l’accent sur les besoins individuels des hommes et des femmes car pour elles, la notion de l’humain est prioritaire.
Mme.Hindmarsh, directrice de l’une de ces trois associations, pense que le bilan de ces 5 années donnera aux ONG et aux gouvernements, l’occasion de faire le point sur le Programme d’Action alors adopté, et d’étudier de nouvelles perspectives.
Ce programme avait pour but de :
- promouvoir un développement axé sur l’humain et la stabilité de la population. reconnaître le rôle central joué par la sexualité et l’introduction du genre dans la santé et les droits des femmes.
- considérer que les hommes doivent être pleinement impliqués dans les décisions concernant les questions de fertilité, de conduites sexuelles, de maladies sexuellement transmissibles et du bien-être de sa partenaire et de ses enfants. reconnaître que l’avortement est une question essentielle de santé publique.
Chaque gouvernement devait augmenter son budget pour la mise en œuvre de cette politique de santé reproductive et de santé sexuelle.

Quelques chiffres

70 millions d’humains en plus par an dans le monde. Presque tous naissent dans les pays les plus pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine.
Le taux de fertilité dans les pays dits développés, s’est stabilisé à 2,1 enfants par femme.
Le Sida est le plus grand meurtrier de la planète.
33,4 millions de personnes contaminées par le virus HIV dont 1,3 million d’enfants.
En 1998, 2,5 millions de personnes sont mortes du Sida.
C’est dans les pays en voie de développement que la maladie se développe le plus :
Au Botswana, 25% de la population est séropositive
Au Zimbabwe et en Namibie, 20%
En Zambie, 19%
En Swaziland, 18% et dans plusieurs autres pays d’Afrique, 10% ou plus.
Les femmes sont les plus vulnérables à cause des inégalités économiques et sociales.
Un demi million de femmes meurent chaque année, une par minute, pour des problèmes liés aux grossesses. Les 99% proviennent des pays en voie de développement.
120 millions de femmes disent ne pas désirer être enceintes mais n’ont pas accès au planning familial.
20 millions d’avortements environ effectués dans des conditions dangereuses, aboutissent à un taux de mortalité de 10% et entraînent des millions d’invalidités.
Plus de 15 millions d’adolescentes de 15 à 19 ans accouchent chaque année : une sur 20 contracte une maladie sexuellement transmissible(MST).
300 millions de nouveaux cas infectés par les MST sont répertoriés chaque année. 40millions de personnes seront contaminés par le virus HIV en l’an 2000.
Les conclusions de ces associations qui d’ailleurs, rejoignent l’esprit de la Conférence du Caire de 1994, mettent en lumière les conditions nécessaires au ralentissement de l’accroissement de la population. Elles exigent une nette amélioration de l’éducation des filles et des femmes, requièrent l’accès à l’instruction, au travail, à une santé de qualité. Une attention particulière sera accordée à la santé reproductive et au droit de chacun à faire ses propres choix dans ce domaine.

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