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Les mères adolescentes à l’île de La Réunion

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

(source : Observatoire du Développement de la Réunion)

Le présent document fait un point sur la connaissance actuelle des grossesses précoces à la Réunion à partir de données quantitatives et sociologiques.
Au recensement de 1990, on dénombrait 1 200 jeunes mères de 15 à 19 ans. Dans cette tranche d’âges, la maternité concerne 4 % des jeunes femmes.
La stabilité du phénomène est préoccupante. En 1990, 9 % des 13 877 naissances enregistrées sont le fait de mères âgées de 15 à 19 ans, cette proportion reste constante sur tout le début de la décennie malgré les efforts de prévention et d’éducation sanitaire et sociale.
L’observation des données directement disponibles met en évidence un profil socio-démographique assez homogène chez ces jeunes mères. Leur situation est caractérisée par une exclusion du marché du travail. Leur prise en charge individuelle se révèle délicate et complexe. Elle doit tenir compte : de tous les problèmes classiques liés à l’adolescence ; de l’évolution de la société réunionnaise et de la condition féminine prises entre traditions, contraintes et tabous ; des difficultés de l’insertion socio-économique.
Dans ce contexte général, un éclairage sur les comportements des jeunes mères, leur acceptation de la grossesse et de la maternité, est apporté par les résultats de l’enquête réalisée en 1992 par l’O.D.R. (Observatoire du Développement de la Réunion) auprès de 96 jeunes filles ayant eu un enfant entre 15 et 20 ans.
Cette enquête confirme la fragilité du profil socio-démographique. Les jeunes mères sont généralement issues de familles nombreuses ou la mère est le plus souvent inactive au foyer. D’un point de vue psychologique, les comportements dénotent une certaine cohérence. Les réactions à l’annonce de la grossesse sont généralement positives, même si celle-ci n’est pas réellement programmée.
La maternité apporte une certaine sérénité.
Cependant la grossesse n’est pas toujours bien vécue, entre les difficultés matérielles et les carences affectives liées à l’absence du père de l’enfant.
Thierry de la Grange

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