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Le choix paradoxal des Pro-Life : tuer des femmes au nom de la vie

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

Par Pascale Castro-Belloc


Première cause de mortalité chez les femmes de 15 à 55 ans, dans la plupart des pays de la Région Amérique Latine-Caraïbes, les avortements clandestins frappent essentiellement les femmes jeunes, pauvres et vivant en zone rurale. La législation répressive est maintenue par les Pro-Life, ceux là mêmes qui instaurent les dictatures.

Vous êtes une jeune fille pauvre, vivant en zone rurale d’un pays en voie de développement ? Alors, vous correspondez au portrait-type de la victime idéale pour mourir d’un avortement clandestin. 500.000 femmes en meurent chaque année, ce qui signifie qu’une mort liée à la maternité sur huit, est provoquée par un avortement illégal.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), c’est en Amérique Latine qu’il y a le plus d’avortements (plus de 4 millions par an). Ils représentent la première cause de mortalité des femmes. Ce continent constitue une sorte de " réserve " dans laquelle l’autorité catholique peut encore s’exercer. Et ces Messieurs des Gouvernements et du Clergé, loin de s’émouvoir de cette violence faite aux femmes, ne manifestent aucune intention de changer ces législations en vigueur, qui criminalisent la liberté de choix des femmes.
14.000 (source officielle) enfants abandonnés vivent dans les rues de la capitale du Mexique ? qu’importe... Chaque jour, une femme pauvre perd la vie des complications d’un avortement en Argentine ? qu’importe...
Pour chacun des 100.000 enfants qui naissent au Pérou , 265 femmes meurent ? qu’importe... car défendre la vie en tuant, n’est qu’un paradoxe apparent pour ceux qui ont mis en place des dictatures militaires et contribué à leur pérennité, l’Armée et l’Eglise.
C’est pourquoi en 1990, les féministes de la région Amérique Latine-Caraïbes ont décidé de réagir et elles ont déclaré le 28 septembre, Jour pour la Dépénalisation de l’Avortement. Chaque année à cette date, plus de 600 associations de femmes se mobilisent pour rappeler aux gouvernements leurs responsabilités dans ce problème majeur de santé publique, et pour sensibiliser l’opinion publique à ces terribles chiffres au visage de femme.

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