Accueil du site > Ressources > La situation dramatique des tibétaines en matière de santé

La situation dramatique des tibétaines en matière de santé

vendredi 1er juin 2001, par Nicolas Bégat

par Laure Poinsot

Un rapport publié en juin 2000 par TWA, l’Association des Femmes Tibétaines, dénonce à nouveau les manquements sévères aux droits les plus fondamentaux des femmes, qui, six ans après la Conférence des Femmes de Pékin, n’ont fait que s’amplifier.



Planning familial et génocide démographique

Les autorités chinoises ont récemment renforcé l’application des politiques de restriction forcée des naissances auprès des minorités ethniques qui en étaient jusqu’alors plus ou moins exemptées. Les familles tibétaines nomades et paysannes doivent désormais respecter la politique chinoise des deux enfants, avec des pénalités financières fortes pour les fonctionnaires qui ont plus d’un enfant. Cette politique, non seulement bafoue les droits fondamentaux des femmes, mais elle met également en danger la survie des familles tibétaines, notamment les paysans et les nomades, lesquels ont besoins de plusieurs enfants pour mener à bien leurs activités agricoles et pastorales. De plus, les amendes imposées, 625 dollars pour le troisième enfant, sont de plus en plus lourdes à supporter par les familles tibétaines dont une grande majorité vivent déjà en dessous du seuil de pauvreté. Ces mesures sont appliquées en dépit du fait que les chiffres indiquent clairement que la croissance de la population du Tibet est bien en dessous des planifications quinquennales. Il faut également souligner que le Tibet est une des régions les moins peuplées du monde et que les colons chinois (7,5 millions) continuent à venir s’installer en masse au Tibet, dépassant désormais en nombre les Tibétains d’origine (5,8 millions).

Stérilisations et contraceptions forcées

Dans la province de Gansu, toute femme mariée doit afficher dans sa maison un certificat indiquant le nombre d’enfants qu’elle a mis au monde afin qu’il soit facilement visible lors des inspections officielles régulières. Si elle a deux enfants, ce certificat indique qu’elle doit subir une opération de stérilisation. Mais déjà avant les stérilisations forcées, les méthodes contraceptives imposées aux Tibétaines mettent en danger leur santé, voire leur vie. Elles ont peu, sinon aucun choix quant à la contraception qu’elles peuvent prendre et ne sont parfois pas informées du type d’opération contraceptive qu’elles ont subie. D’autre part, par peur d’être stérilisées de force, les Tibétaines refusent d’aller ce faire soigner dans les centres médicaux. Les chiffres montrent que le taux de mortalité maternelle est 3,2 fois plus élevé au Tibet que dans le reste de la Chine. De mauvaises structures médicales, des médicaments de moins bonne qualité, des praticiens mal formés, sont les causes majeures des problèmes de santé dont souffrent les femmes au Tibet, sans parler de la discrimination raciale dont font l’objet les Tibétaines par rapport aux Chinoises dans les hôpitaux.

Aggravation de la prostitution et des MST

On estime à mille le nombre d’établissements de prostitutions à Lhassa, cela, en dépit des lois interdisant la prostitution en Chine et les déclarations officielles faisant état de l’éradication définitive de la prostitution dans le pays. Au Tibet, le sida ainsi que l’hépatite sont devenus des risques majeurs, or aucune mesure d’information ni de prévention ne sont prises. Même si la prostitution est encore principalement le fait de Chinoises venues s’installer au Tibet, elle touche progressivement les Tibétaines, en particulier des jeunes filles issues de familles rurales pauvres qui sont venues à Lhassa en pèlerinage ou dans l’espoir de trouver un travail et qui échouent, malgré elles, dans des bars, karaokés et autres établissements pratiquant la prostitution.

(Sources : Rapport 2000 du TWA, Tibetan Women’s Association ; Enforcing Loyalty, Rapport 2000 du TCHRD, Tibetan Center for Human Rights and Democracy.)

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0