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Centres de Santé reproductive et grossesses non désirées

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

par courtoisie de visions-afr

1000 consultations en 6 mois pour le Centre de santé des jeunes d’un quartier de Dakar ! voici un chiffre qui donne la mesure de la demande des jeunes en matière de santé reproductive. Les filles sont plus nombreuses à y venir que les garçons. Elles trouvent là, une aide en cas de grossesse non désirée, à défaut de pouvoir y avorter.

Installé depuis six mois seulement, le Centre de santé des jeunes, sis a Amitié (un quartier dakarois) a enregistré sa millième consultation. Tous des jeunes venus chercher des conseils et du secours sur des questions liées a la sexualité. Le drame est poignant lorsqu’il s’agit de jeunes filles venues avec une grossesse précoce non désirée demander à se faire avorter. Elles sont élèves ou étudiantes
Implanté depuis six mois, le centre des jeunes de Amitié commence à prendre la mesure de la forte demande des jeunes filles en matière de santé reproductive. Surtout quand les adolescentes scolarisées, ayant une grossesse non désirée, vont solliciter le concours des sages-femmes et infirmières pour avorter. "Nous avons eu une dizaine de jeunes filles étudiantes qui ont un début de grossesse et qui sont venues nous demander un avortement. Nous avons refusé parce que c’est une pratique interdite par la loi. Mais nous ne les avons pas abandonnées. Nous leur donnons des conseils pour les en dissuader et elles sont suivies de façon régulière", observe le directeur du centre, M. Abdoul Aziz Cisse. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce sont ces filles scolarisées, censées être mieux informées sur la santé de la reproduction, qui tombent dans le piège dans les rapports non protégés. En fait, il s’avère difficile d’expliquer ce problème. Toutefois, tente d’analyser Belgasime Drame, directeur exécutif de l’Asbef (Association Sénégalaise pour le Bien-Etre Familial), "il est heureux de constater que ce sont des filles scolarisées qui viennent vers des structures de santé appropriées pour demander conseil. Les analphabètes, elles, se retrouvent chez un bricoleur du coin et vous imaginez les conséquences". Plus fréquenté par les filles que les garçons, le centre de santé des jeunes a enregistré son millième client le 1er février dernier. Y sont offerts des services de sensibilisation au profit des jeunes ages de 14 à 35 ans de la médecine générale et un suivi des grossesses précoces, ainsi que des affections en MST et sida, etc. Des causeries, projections de films et autres conférences sont organisées au centre avec les ASC (association sportive et culturelle) ; "mais nous avons aussi eu une stratégie avancée qui consiste a aller vers les jeunes dans les quartiers", note M. Aziz Cisse. Seulement a ce niveau, on relève des difficultés relatives à l’insuffisance et la non-variété des supports d’Iec (Information, éducation et communication). Travailleur social au centre, Mamadou Lamine Faty qui côtoie chaque jour les jeunes pense que "ces derniers ont une grande ignorance des MST, des grossesses précoces, de leur corps. Souvent, des filles viennent avec un retard de règles et croient à une grossesse, pour demander un avortement. Ce que nous ne faisons pas. Mais il faut dire que les jeunes ont besoin d’un cadre discret ou on les aide et pas les juger". Des propos confirmés par Mlle S. Gueye, régulière au centre pour ses problèmes gynécologiques. Seulement, elle estime qu’ "il faut avoir un tarif fixe de consultations et de suivi des patientes. Parce qu’on n’a pas les moyens de venir payer chaque fois 500F ( 1dollar Us)".

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