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La résistance au féminin

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

>Malgré toutes et malgré tout, la résistance au féminin continue de l’emporter. Qu’on en juge. En 1986 paraît au JO une circulaire imposant la féminisation des noms de métier. Elle indique aux esprits chagrins ou dubitatifs des règles : si le verbe de base comporte un « t » (exemple acheteur - acheter) le nom féminin se termine en « teuse ». S’il n’en comporte pas (exemple animateur - animer) le féminin se forme en « trice ». Difficile, hein ? Trop en tous cas, puisque les inspectrices sont toujours des inspecteurs, les directrices des directeurs et des ministres femmes encore des madame le ministre ! Le 17 décembre 97, la joute grammaticale a de nouveau fait frémir le conseil des ministres. Jospin et Chirac y faisaient front pour réactiver le féminin. L’après-midi même, le secrétaire général du gouvernement s’inquiétait sur les conséquences juridiques. Heu..., les décrets et arrêtés devront-ils être signés du genre de leur auteur...e ? Cela n’induira-t-il pas une personnalisation du texte néfaste à sa pérennité ? En d’autres termes une loi signée par une femme aurait une portée moindre que par un humain asexué, donc masculin par défaut.

>Qui donc a dit qu’un peuple forge son identité au moins autant par la langue utilisée que par le territoire ? Quand l’Etat veut aliéner un peuple, ne lui interdit-il pas l’emploi de sa langue... maternelle ?

>Alors, vive la révolution grammaticale !

>Michèle Dessenne

 

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