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Femmes-Onu : Le manque d’argent menace un institut de promotion de la condition féminine

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

>par Thalif Deen
par courtoisie de IPS , Service francophone Inter Presse Service, Cotonou

>Après avoir célébré la journée internationale de la Femme lundi dernier, les Nations Unies luttent maintenant pour sauver l’une de leurs rares agences impliquées dans la promotion de la condition féminine.
Les problèmes financiers auxquels l’Institut international de formation et de recherche sur la promotion des femmes (INSTRAW) fait face, pourraient contraindre cette agence à fermer ses portes cette année, si elle n’obtient pas immédiatement des fonds substantiels.
’’L’institut ne sera pas financièrement fonctionnel après août 1999’’, a prévenu mardi Yakin Erturk, l’ancienne directrice de l’Institut.
Erturk a déclaré devant la Commission des Nations Unies chargée du statut des Femmes que la situation financière critique qui prévaut depuis 1992 devient ’’une crise institutionnelle qui menace l’existence de l’Institut’’ dont le siège est dans la République dominicaine.
’’Au moment où l’Institut essaie de faire face effectivement aux défis d’une nouvelle ère, il est regrettable que la constante baisse de ses fonds demeure un obstacle majeur’’, a-t-elle ajouté.
En tant que l’une des rares agences des Nations Unies installées dans la capitale d’un pays du Tiers-Monde, l’Institut est uniquement financé par les contributions volontaires des 185 pays membres des Nations Unies. Depuis 13 ans qu’il existe, ses fonds sont en constante baisse et il n’y a plus que 35 pays qui l’aident régulièrement, selon Erturk.
L’Institut a été surtout créé pour développer de nouvelles méthodes de promotion de la contribution des femmes au développement et pour harmoniser davantage le processus global de développement avec les besoins des femmes. Un conseil d’administration composé de 11 membres formule ses principes, ses politiques et ses règles de travail.
Le budget annuel de l’Institut est d’environ deux millions de dollars. Mais, les contributions effectivement versées sont loin d’atteindre ce montant.
Nitin Desai, le sous-Secrétaire général de la Commission économique et sociale des Nations Unies pense que c’est le devoir des Nations Unies de renforcer et de consolider l’Institut. Malheureusement, le Problème fondamental est le financement.
Conformément aux statuts de l’Institut, les Nations Unies ont l’obligation de le gérer seulement avec ses ressources placées dans le fonds de prévoyance, précise-t-il.
L’année dernière, l’Institut avait un déficit d’environ 1,3 millions de dollars. ’’La situation est devenue si grave que le contrôleur financier est allé dire au Secrétariat qu’il devrait commencer à penser au gel des activités (de l’Institut)’’, rappelle Desai.
Ce dernier exhorte les Etats membres à décider si l’Institut est Une priorité. Une sorte de résolution devrait être prise sur la question au cours de l’année, annonce-t-il. La quatrième conférence des Femmes qui a eu lieu a Beijing en 1995 avait quand même établi que les objectifs de l’Institut sont importants.
Desai souligne que le gouvernement de la République dominicaine (’’un petit pays en développement’’) a accordé un soutien substantiel à l’Institut et mérite d’être félicité, au vu de tous les obstacles auxquels le pays est confronté.
Il déclare que l’Institut a reçu une ’’aide considérable’’ des pays en développement. Alors, quand ces pays sollicitent auprès d’autres donateurs des fonds pour l’Institut, il faudrait se rappeler qu’eux aussi lui en donnaient, affirme Desai.
En fait, tout ne se passe comme si tous les donateurs avaient abandonné l’Institut. Plusieurs pays le soutiennent encore, précise-t-il.
Certaines des importantes promesses faites en 1999 sont venues de l’Autriche, de la Chine, du Luxembourg, des Pays-Bas, de l’Afrique du sud et de la Turquie. Il rappelle qu’en 1998, un certain nombre de pays en développement, notamment la Barbade, la Colombie, le Chili, l’Egypte, la Bolivie, l’Indonésie, le Lesotho, l’Inde, Madagascar, le Paraguay ainsi que le Japon, ont accordé des fonds à l’Institut.
Desai déclare que le seul message que tout le monde lui envoie est que l’Institut et ses programmes méritent d’être soutenus. La question de la mobilisation des fonds provenant des nouvelles sources est une question valable.
Le travail de l’Institut est tres valorisé et le problème doit être résolu une fois pour toutes et non annuellement, estime-t-il. ’’L’Institut a actuellement besoin d’un soutien immédiat’’, s’exclame-t-il.
Un rapport d’évaluation commande en 1991 par la Norvège, les Pays-Bas et la Finlande indique que malgré l’importance de son mandat, l’Institut ’’n’a pas pu produire depuis le début de ses activités un plan stratégique spécifique qui montre son avantage comparativement aux autres agences du système des Nations Unies’’.
En conséquence, Erturk déclare que malgré les contributions inestimables que l’Institut a faites dans les domaines des travaux non rémunérés, des statistiques, de la formation sur l’environnement et le développement durable, entre autres, ses rendements demeurent largement fragmentés et dispersés.
Actuellement, plusieurs organes des Nations Unies s’occupent des questions relatives aux femmes et au développement. Il y a le Fonds de Développement des Nations Unies pour les Femmes (UNIFEM) et la Division pour le progrès des Femmes qui est rattaché au Secrétariat de l’ONU. Cet état de choses amène certains à penser que ces deux organes ont les mêmes objectifs.
Hazel Dewet de la Namibie pense qu’il est regrettable qu’une institution créée pour aborder les problèmes des femmes soit affectée par ces événements désastreux a la veille d’un nouveau millénaire.
Ahmet Arda de la Turquie soutient que sa délégation est hostile à la fusion de l’Institut et de l’UNIFEM parce que les mandats des deux organisations sont différents.
Haile Mikeal de l’Ethiopie indique que toutes les organisations de femmes sont marginalisées et souffrent d’un manque de ressources. L’Institut n’en est qu’un exemple.

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