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Commission sur le statut des femmes : un bilan contrasté

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

Par Joelle Palmieri

Patricia Flor terminait le 28 février dernier son mandat de présidente de la Commission sur le statut des femmes. Anciennement responsable de la délégation allemande, elle a été élue à la Commission pour un mandat de deux ans. Pendant cette période, la négociation la plus difficile a été le protocole additionnel CEDAW, un accord qui lutte spécifiquement contre la discrimination à l’égard des femmes. Pour Patricial Flor, "c’est la plus grande réussite de cette période". CEDAW constitue un outil légal international, signé par près de 25 pays et adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est une victoire politique. Demeure le fait que seul le Conseil de sécurité (bastion masculin comptant seulement 10 déléguées parmi ses 189 membres) est en mesure d’appliquer des sanctions contre les pays qui ne se conforment pas aux accords de l’ONU. La Commission sur le statut des femmes (CSW) est une ’autorité politique’ qui peut condamner oralement des pratiques ou mettre en lumière des situations particulièrement négatives pour les femmes. En tant que telle, elle constitue un outil de lobbying pour encourager les gouvernements et les Nations Unies à intervenir. ’La CSW crée une base pour les actions politiques des gouvernements’, insiste-t-elle. Tout au long de son mandat,’La CSW a pris de l’importance’. Les politiques de mainstreaming ont été intégrées. Davantage de liens ont été développés entre la CSW et les autres comités, comme la Commission sur les Droits Humains ou encore le Conseil Social et Économique. Sa politique d’’ouverture vers un public plus large’ a donné davantage de visibilité à la CSW.
Pendant que le Programme d’Action de Beijing connaissait des difficultés sur le plan de son évaluation et de son implémentation, la CSW s’est développée en tant qu’instrument de travail concret.
Patricia Flor continuera à travailler en tant que vice-présidente de la PrepCom jusqu’à la Conférence Beijing + 5 en juin, après quoi elle retournera à ses fonctions antérieures au sein du ministère allemand des Affaires Étrangères, à Berlin. ’La tâche de la Prepcom n’est pas facile. Nous devrons porter une attention particulière aux tendances émergentes, identifier les obstacles’. Mais le plus important est de savoir quoi faire après juin. Y a-t-il de nouveaux sujets à définir ? De nouvelles manières de travailler à inventer ? ’Tout doit se clarifier à l’intérieur du système de l’ONU’, dit-elle. L’avenir de la CSW réside en sa façon de justifier son existence : à travers le mainstreaming et l’expertise en genre.

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