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Clinton et les femmes Le nouveau désordre du monde

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

par Catherine Kriegel

Clinton est coupable envers certaines femmes ? Envers lesquelles ? Hilary ? Paula ? Monica ? Pour une banale affaire d’adultère de pulsions sexuelles partagées dans l’intimité d’une vie privée ?
Il n’appartient qu’à elles, femmes adultes et responsables de leur vie de les gérer avec les moyens dont elles disposent, dans cette société républicaine où il n’existe ni code de la famille, ni discrimination juridique à leur encontre.
Et pourtant :
Le plus dérisoire procès du siècle s’engage ; une mobilisation planétaire sans précédent entraîne la presse internationale dans une polémique où s’exprime les journalistes de toutes tendances, du paparazzi de base au plus sérieux éditorialistes. Les écrivains, philosophes, psychanalystes, historiens se livrent à des analyses critiques approfondies sur cette vulgaire comédie de Boulevard au succès immérité.
Pendant ce temps :
Des femmes sont sauvagement violées et égorgées en Algérie parce qu’elles demande le respect de leur dignité ont même parce qu’elles ont simplement tort d’être des femmes.
Les femmes afghanes étouffées sous les Tchadris sont frappées à mort, torturées, privées des soins médicaux élémentaires ; les petites filles privées d’écoles et maintenues dans l’ignorance sont condamnées à plus ou moins long terme à la déchéance physique et morale.
Que dire des femmes saoudiennes qui ne peuvent ni conduire, ni sortir seules, le visage toujours masqué ?
La liste est loin d’être exhaustive.
Dans tous ces exemples, la répression de la sexualité justifie les crimes ; La maîtrise des pulsions sexuelles masculines s’opère par la maîtrise de leur objet : les femmes. L’inefficacité du système a pour conséquence paradoxale le sadisme sexuel, le voyeurisme, et surtout le viol qui constitue sans conteste une des plus grave atteinte à la dignité humaine.

Les américains n’osent plus laisser leurs enfants regarder la télévision . Sont ils choqués de leur montrer de telles horreurs ?, Ont ils peur de leur donner une si vilaine image du monde dans lequel ils vivent ? Non ! Il ne faut pas qu’il sachent que le Président de leur grande nation ait un sexe. Leur éducation est menacée, les valeurs morales bafouées.
Pendant ce temps, sur le sol américain, des femmes et des hommes attendent la mort dans leur cachot, condamnés par la justice des hommes dont nous savons qu’elle ne peut être infaillible.

Si l’affaire "Clinton" est grave, c’est parce qu’elle met en évidence ce dangereux dérapage de l’éthique.

Des femmes souffrent dans leur chair, dans leur âme de persécutions politiques ayant pour support morale la répression de la sexualité : Elles sont des millions.
S’il s’avère que les U.S.A. ont réellement apporté un soutien logistique aux Talibans via le Pakistan, alors effectivement, la culpabilité de leur Président vis à vis des femmes est incontestable et mérite une enquête.

La véritable éthique sociale est à ce point menacée :
LE NON RESPECT DE LA VIE d’une partie importante de l’humanité, jusqu’au point extrême de la menace d’un génocide suscite nettement moins de débat moral que la description salace des ébats sexuels d’un chef d’État.

Un nouveau désordre moral est à l’œuvre.

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