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Brésil

Budget participatif aussi pour les femmes !

samedi 6 avril 2002, par Dominique Foufelle

En pleine adolescence, le budget participatif au Brésil manque de maturation. Bien que porté majoritairement par les femmes, il n’a pas encore trouvé sa voie, ce qui incite la députée Helena Bonuma à lui donner un coup de "pouce".

Dans le cadre du Forum Social Mondial II (février 2002), un séminaire sur la question du budget participatif et des femmes a été organisé afin de mobiliser les Brésiliennes. L’objectif : faire voter une loi au niveau de la région du Rio Grande del Sul en mars prochain, qui intègre la dimension du genre dans la gestion dudit budget.
En pleine période électorale – présidentielles, sénatoriales, législatives - Helena Bonuma députée PT (Parti des Travailleurs) de la région et promotrice de l’initiative joue son va-tout. Depuis 1998, la ville de Porto Alegre a en effet mis en place des politiques d’intégration des femmes dans l’économie solidaire, mais "il n’y a pas de critères définis", déplore l’élue.
Au cours de l’histoire de la mise en place du budget participatif, aujourd’hui vieille de treize ans, la place des femmes et la dimension du genre a vécu des hauts et des bas. En 1994, par exemple, le gouvernement a essayé de développer des activités de couture dans certains quartiers pauvres de la ville. Mais, la prolifération des initiatives a mis en péril la pérennité économique des activités. Alors la région a décidé de développer des activités d’artisanat, comme le tissage, qui ont l’avantage d’être plus rares. Cela permet donc d’envisager plus de débouchés, tant en termes d’activité que de diffusion.
Côté ville, la première tentative réussie date de 1994. Elle porte le modeste nom de "Porto Alegre tambien para las mujeres " (Porto Alegre également pour les femmes) et est intégrée dans le plan de développement économique municipal. En 1995, cinq groupes de femmes ont ainsi bénéficié des premières ressources du budget participatif. Le défi est donc aujourd’hui majeur. Le PT a tout à gagner à voter cette loi qui assure la survie de la majorité des initiatives d’économie solidaire, qui sont majoritairement portées par les femmes.

P.-S.

Joëlle Palmiéri

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