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Congrès International « Mères pour la Paix »

samedi 1er décembre 2001, par Nicolas Bégat

Par Nanou Rousseau

« A l’aube du troisième millénaire, des femmes construisent des ponts de paix », tel était l’intitulé exact du 4e Congrès International organisé par la fédération nationale « Mères pour la paix » les 2, 3 et 4 novembre 2001 à Villeneuve d’Ascq. L’association a choisi le Nord de la France, région durement touchée par les conflits, pour proposer un forum de dialogue et de construction de paix. Nanou Rousseau, sa présidente, nous livre ses motivations ainsi que les premières déclarations et propositions communes.

Pourquoi ce congrès ?

« Les hommes élèvent trop de murs et ne construisent pas assez de ponts ». Cette citation de St Exupéry a donné tout son sens au Congrès International des femmes pour la paix de novembre 2001.
Dans cette période de grande incertitude, la communauté internationale est une fois de plus, confrontée à des conflits armés, d’une violence rarement égalée : prétentions territoriales, actes terroristes, extrémismes religieux ou idéologiques, épurations ethniques, génocides....
Quelles que soient les causes, économiques, démographiques ou identitaires de ces conflits, les conséquences en sont toujours les mêmes, elles se traduisent toujours par la souffrance des victimes opprimées, les plus faibles, celles qui sont sans défenses : les enfants qui en sont les premières victimes innocentes, les femmes qui en sont les victimes impuissantes puisque c’est sans elles que les guerres se décident, se font et se terminent. Ce sont pourtant elles qui en payent le prix, dans les larmes et dans le sang.
De la Bosnie à la Tchétchènie, de l’Algérie à l’Afghanistan, de l’Irak au Soudan, les tragédies sanglantes ont dénaturé l’humanité et risquent de l’entraîner dans une spirale infernale de vengeance, de haine et de violence.
Nous devons l’arrêter.
Nous devons faire entendre notre voix : nous sommes des femmes de paix, mais nous sommes aussi des femmes en guerre, en guerre contre la guerre, contre l’intolérance et l’intolérable, contre l’injustice et la barbarie
Nous avons ouvert cet espace de dialogue et d’échange à 200 femmes venues de toute l’Europe pour bousculer ces murs de haine et construire ces ponts de compréhension, de justice et de paix...

Déclarations et propositions

Réunies en congrès, ce 4 novembre,
Nous, citoyennes du monde, refusons désormais de mettre au monde des enfants pour les envoyer à la guerre.
Nous, citoyennes du monde, condamnons toutes les violations imposées aux droits des femmes et des enfants partout à travers le monde.
Nous dénonçons tous les conflits dont la durée et l’ampleur portent encore toutes les tragédies de demain, Rwanda, Burundi, Soudan, Sierra Leone et le Centre Afrique. Nous demandons une paix durable pour tous ces pays qui ont déjà tant souffert. Nous dénonçons particulièrement les camps de concentration au Burundi et la désinformation qui en est faite.
Nous condamnons l’occupation des territoires palestiniens et l’agression contre la population palestinienne par Israël.
Nous exigeons que tous les pays ratifient et appliquent la Convention sur les mines anti-personnel.
Nous réclamons l’interdiction des ventes d’armes et la mise en place d’une véritable politique de désarmement, tant pour les armes légères que pour les armes nucléaires.
Nous nous inquiétons du sort de tous les prisonniers politiques en Turquie notamment et nous demandons la libération immédiate des étudiants kosovars encore détenus illégalement en Serbie.
Nous appelons à rompre par tous les moyens le silence qui s’est abattu sur le peuple tchétchène et sur les souffrances qu’il endure depuis tant d’années.
Nous exigeons que soit mis un terme à la situation particulièrement difficile des femmes de Djibouti, victimes de viols, en toute impunité.
Nous demandons à ce que soit mis fin à l’embargo de l’Irak qui ne fait que renforcer le pouvoir criminel mais affame toute une population de femmes et d’enfants.
Nous demandons la poursuite, l’arrestation et le jugement de tous les criminels de guerre. La démocratie ne saurait se construire sur l’oubli des crimes. Une paix durable demande la punition des criminels. Nous exigeons particulièrement l’arrestation immédiate de Mladic et de Karadzic, encore protégés par la diplomatie internationale.
Nous réitérons notre soutien aux femmes de Srebrenica et demandons pour elles réparation immédiate, dans la recherche de la justice et de la vérité, dans l’aide au retour, dans l’arrestation des criminels.
Nous demandons le renforcement du rôle de l’ONU pour mettre un terme à toute forme d’agression et d’intervention militaire et pour garantir la paix.
Nous, citoyennes du monde, invitons enfin toutes les femmes au monde à travailler à la construction de la paix, en prenant une large part aux processus décisionnels et en participant à toutes les tables de négociations.
Nous, citoyennes du monde, voulons construire la paix et vivre dans un monde où chacun pourra bénéficier des mêmes libertés et des mêmes droits, quels que soient notre sexe, notre couleur, notre origine, notre religion.
« La paix n’est pas, la paix n’est jamais. Il faut la faire, et d’abord la vouloir, et donc y croire » (Alain).

Nanou Rousseau pour la Fédération nationale « Mères pour la Paix »,
novembre 2001

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