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Le budget des femmes en Afrique du sud

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

par Michel Muller

Pour rendre les politiques macro-économiques plus attentives à la dimension sexuelle, certains pays ont commencé à préparer des ’budgets des femmes’. L’un des plus remarquables dans les pays en développement se trouve en Afrique du sud. Il s’agit d’une collabaration entre les ONG, les parlementaires et le Gouvernement, avec à l’appui du PNUD, d’UNIFEM et d’autres bailleurs de fonds.
Du côté des dépenses, l’initiative examine quels groupes bénéficieront de services et de quelle manière. En ce qui concerne les revenus, elle prend en considération l’incidence des taxes et des frais pour les usagers. Elle évalue, par exemple, si des mesures particulières visant à accroître les revenus feraient augmenter le temps de travail non rémunéré des femmes, et les repercussions, par sexe, du recouvrement des coûts dans le domaine de la santé.
Cet examen a révélé un manque général d’informations budgétaires détaillées, notamment de statistiques ventilées par sexe. Mais, plus fondamentalement, il a permis de voir que peu de mesures reflètent les interêts des femmes pauvres, et que même quand elles le font, on leur alloue rarement des fonds budgétaires suffisants. Historiquement, le citoyen typique pour lequel le budget semblait être conçu était un blanc soutien de famille, de sexe masculin, travaillant dans le secteur formel pour subvenir aux besoins d’une femme et d’enfants à charge : stéréotype qui ne correspondait qu’à une très faible proportion de la populaton sud-africaine.
Un exemple typique des effets de cette distorsion se trouve dans le domaine des transports. Pour des familles pauvres d’Afrique du sud, les transports sont le second poste de dépenses après la nourriture. Mais les subventions au transport privé, sous la forme d’allégements fiscaux ou d’accès gratuit au stationnement, dépassaient souvent les subventions au système de transport public dont dépendent les pauvres. En outre, les aides au système public ne s’appliquaient qu’aux billets utilisés durant les heures de pointe. Les femmes pauvres, souvent sans emploi et qui cherchent du travail ou travaillent à des heures irrégulières dans le secteur informel, bénéficient rarement de ces subventions.
L’Initiative du budget des femmes a été reçue avec enthousiasme par de nombreux groupes en Afrique du sud et certains ministères ont commencé à élaborer des mesures et des budgets sensibles aux différences entre les sexes. L’initiative a suscité un interêt considérable dans d’autres pays et constitue manifestement un nouvel outil pour la mise en place de politiques fiscales plus participatives.

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