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Tibet, bilan de 52 ans d’occupation chinoise

vendredi 1er juin 2001, par Nicolas Bégat


En envahissant le Tibet en 1949, la Chine a enclenché un processus d’assimilation et de disparition d’une ancienne civilisation bouddhiste, qui en raison de sa situation géographique, avait été tenue à l’écart du monde pendant des siècles.



Depuis cette date, l’occupation du Tibet est une suite ininterrompue de violations des droits humains et du droit international, en particulier ceux des femmes.

Génocide et transfert de population chinoise

Une enquête menée par le Gouvernement tibétain en exil révèle que plus d’un million de Tibétains, soit un sixième de la population, a péri du fait de l’occupation chinoise. A ce génocide s’ajoute le transfert massif de populations chinoises vers le Tibet, dans une politique officielle systématique de sinisation de la population tibétaine. On compte actuellement au Tibet plus de 7,5 millions de Chinois pour 5,8 millions de Tibétains.

Destruction d’une culture

Avant 1949, le Tibet comptait 6 000 monastères et monuments historiques. En 1979, à l’exception de 13 d’entre eux, tous étaient en ruine, les moines et les nonnes tués, emprisonnés ou défroqués de force. Depuis 1979, les Tibétains sont autorisés à reconstruire certains monastères et couvents, mais l’accès y est difficile et les pratiques religieuses y sont sévèrement surveillées, sans parler des sessions obligatoires de « rééducation patriotique » mises en place depuis 1996, lesquelles ont pour but, entre autre, de contraindre les religieux à renier publiquement le Dalaï Lama. Début 2000, 11 000 moines et nonnes tibétains furent ainsi chassés de leurs monastères .

Discrimination en matière d’éducation

80 % des Tibétains vivant au Tibet sont illettrés. Dans les zones rurales, les écoles sont inexistantes. L’enseignement de la langue tibétaine est découragé. L’admission à l’université est subordonnée à la connaissance du chinois qui est la seule langue administrative. A l’inverse, dans la communauté tibétaine en exil, 92 % des enfants sont scolarisés et apprennent leur langue.

Environnement menacé

La politique de déboisement conduite par la Chine au Tibet a réduit de presque de moitié la superficie des forêts. Les minéraux abondants dans le pays sont exploités de manière intensive. Par ailleurs, la Chine utilise le Tibet pour y fabriquer ses armes atomiques, y stocker ses déchets nucléaires et y déposer un nombre important de ses ogives nucléaires.

Emprisonnements politiques et tortures

Toute activité politique ou militante en faveur des droits de l’homme, même pacifique, est considérée comme le pire des crimes et sanctionnée par des peines allant jusqu’à l’emprisonnement à vie, voire la mort. En 1999, on dénombrait 615 prisonniers politiques au Tibet, emprisonnés pour simple possession de la photo du Dalaï Lama, pour avoir manifesté pacifiquement en criant « Tibet Libre », coller des affiches ou encore pour avoir parlé de la situation politique avec des étrangers, touristes ou journalistes. Dans les prisons, la torture est courante, l’objectif étant d’anéantir chez les détenus toute volonté d’activité politique future. Les tortures sont nombreuses et inhumaines.

Depuis 1987, d’importantes manifestations ont eu lieu en faveur de l’indépendance. Durement réprimées, elles furent suivies d’une loi martiale en 1989-90. Aujourd’hui, les autorités chinoises intensifient la colonisation et poursuivent la politique de sinisation du Tibet.
Dès son arrivée en exil à Dharamsala dans le nord de l’Inde en 1959, le Dalaï Lama a reconstitué un gouvernement tibétain. Celui-ci prend en charge les réfugiés arrivés du Tibet et concentre ses efforts sur l’éducation des enfants. Il fonde sa politique pour recouvrer la liberté de son pays sur la lutte pacifique et cherche à résoudre la question tibétaine par des négociations directes avec Pékin, demandant aux autorités chinoises, un statut d’autonomie réelle pour le Tibet.

(Source : Bureau du Tibet à Paris, agence de représentation du Dalaï Lama et du gouvernement tibétain en exil à Dharamsala en Inde. Les contacter pour obtenir la liste des associations de soutien à la cause tibétaine actives en France, Benelux, Espagne et Portugal.
84, bd Adolphe Pinard, 75014 Paris, tibetparis@aol.com)

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