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Afrique : Les conflits et la dette obligent des millions d’enfants à abandonner l’école

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

par Lewis Machipisa
par courtoisie de IPS, service francophone Inter Presse Service, Cotonou

En Afrique, l’éducation est compromise par les conflits armés et le poids écrasant de la dette. La conjonction de ces deux facteurs oblige des millions d’enfants à abandonner l’école, indiquent les experts.
Selon Oxfam Grande-Bretagne (GB), en Afrique subsaharienne au moins 125 millions d’enfants (dont deux tiers sont des filles) ne vont pas à l’école, et 150 millions entrent à l’école primaire, mais finissent par l’abandonner.
L’organisation caritative britannique estime que pour que l’Afrique atteigne le stade de l’éducation primaire libre et gratuite, il lui faudrait quelque trois milliards de dollars US par an.
’’La crise s’aggrave et empire en Afrique’’, déclare Tony Burdon, conseiller à Oxfam GB, la plus grande organisation caritative britannique.
Dans l’exposé qu’il a présenté lors d’une conférence de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) sur l’éducation à Harare, la capitale zimbabwéenne, du 15 au 19 mars, Burdon a ajouté que ’’l’effort à fournir pour éviter le déclin et progresser serait immense’’.
Cependant, alors que l’Afrique a actuellement besoin d’injecter de l’argent dans l’éducation, ’’elle dépense 12 milliards de dollars US par an pour honorer le service de la dette’’.
Par exemple, la Tanzanie dépense neuf dollars par habitant et par an pour rembourser sa dette. Ce chiffre représente le double des fonds consacrés à l’éducation. En plus, ce pays consacre quatre fois plus d’argent à la dette qu’à l’éducation primaire.
La dette totale de l’Afrique subsaharienne a quadruplé par rapport au seuil de l’année 1980 et atteint 223 milliards de dollars en 1997. Cela représente plus de 70 pour cent du produit intérieur brut (PIB) et 202 pour cent des exportations.
Le système éducatif africain est sérieusement affecté par une série de rébellions armées sur le continent.
Le haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) signale que sur les 30 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leurs pays en 1997, 16 millions se trouvaient en Afrique.
Ce nombre inclut environ 300.000 enfants de moins de 18 ans qui prennent actuellement part aux hostilités dans le monde.
Pour renvoyer les enfants à l’école, les ministres africains de l’Education s’étaient réunis à Yaoundé en 1996 pour exhorter leurs gouvernements à ’’résoudre pacifiquement les conflits’’ au cours de la période 1997-2006 qui est considérée comme la ’Décennie de l’Education’’.
’’Les systèmes scolaires et l’infrastructure des régions touchées par les conflits doivent subir une réhabilitation et une reconstruction systématique’’, observe le plan d’action adopté au cours de la réunion en 1996.
Cette semaine, les ministres de l’Education de l’OUA ont adopté au Zimbabwe une stratégie pour entrer dans le XXIe siècle.
’’Depuis un moment, les membres de l’OUA sont aux prises avec... les problèmes éducatifs. A l’orée du XXIe siècle, il est triste de constater que nos pays ont fait un progrès médiocre pour développer l’éducation’’, a souligné le Président zimbaen Robert Mugabe dans un discours qu’il a prononcé lors de la conférence mardi.
Mugabe pense que de ’’nouvelles réformes doivent être introduites dans nos systèmes éducatifs si nous voulons donner à nos peuples les moyens de faire face aux défis du prochain siècle’’.
Burdon est du même avis car il pense qu’au ’’XXIe siècle, la connaissance -l’informatisation, l’Internet, la mondialisation - aura une plus grande valeur. Pour éviter que l’Afrique soit en retard par rapport aux grands changements économiques, l’éducation sera vitale’’.
Le plan d’action adopté pendant la conférence d’Harare exhorte Les gouvernements africains à consacrer au moins 25 pour cent de leurs budgets et 6 pour cent de leur PIB à l’éducation.
Le pourcentage du budget de l’éducation qui est consacré à l’acquisition des matériels scolaires devrait passer de deux à 14 pour cent.
Cette augmentation pourrait être partiellement réalisée grâce à La modification des procédures fiscales et à l’assouplissement des Taxes imposées aux industries de fabrication et de vente de livres.
Le plan d’action propose aussi que les gouvernements consacrent au moins 50% des budgets de l’éducation à l’enseignement primaire, car cet enseignement est le niveau critique qui permet de mieux rentabiliser les investissements.
L’éducation primaire étant le seul niveau accessible à la majorité des gens, les participants à la conférence d’Harare ont répété qu’elle doit être libre et obligatoire.

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