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Afrique, pour une éducation sexuée

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat

Par Pascale Castro-Belloc

Les pays d’Afrique sont à la traîne en ce qui concerne l’instruction des filles et des femmes. La situation est aggravée par la crise économique. Néanmoins, en Zambie, pays où 40% des adultes sont alphabétisés et 50% des femmes illettrées, émerge une nouvelle représentation de ces dernières qui de ménagères dépendantes deviennent des soutiens de famille.
PAGE (Programme pour l’Avancement de l’Education des filles), développé par les professeurs du David Livingstone Teachers Training College (DLTTC), cherche à changer les programmes académiques des écoles zambiennes et à travailler avec les professeurs dans les classes sur leurs attitudes selon les sexes. Tous les livres scolaires doivent être réécrits en introduisant la question du genre pour que les filles cessent d’être celles qui seules, vont tirer de l’eau, ramasser du bois, cuisiner tandis que les garçons prennent les décisions pour bâtir la nation.
Dans le même temps, les Nations Unies mettent en place en Afrique, un System-Wide Initiative qui met l’accent sur le développement d’une éducation de base pour tous les enfants Africains sur une période de 10 ans. Quinze pays sont concernés et chacun d’entre eux met en place un plan d’action spécifique. Les quatre agences principales pour mener à bien ce programme sont la Banque mondiale, l’Unicef, l’Unesco et le programme de développement des Nations Unies. Elles travailleront en coopération pour aider les pays à mettre en place un secteur d’investissement des programmes (SIPs) avec le but ambitieux de progresser vers une instruction primaire universelle.
Les instituteurs doivent s’organiser pour concevoir des solutions réalisables. « Si vous n’avez pas un peuple éduqué, vous ne pourrez pas vous développer » dit M.Lopes, directeur général aux relation extérieures de l’Unesco.
En Afrique, les professeurs souvent peu qualifiés, enseignent à un nombre trop élevé d’élèves. D’après M. J.-L. Sarbib, Vice-Président de la Banque Mondiale pour l’Afrique, le problème majeur n’est pas celui des finances mais celui du bon emploi des ressources existantes. Les ministres des finances et de l’éducation doivent donc faire alliance.
Au Sénégal, un programme sur 10 ans est mis en route. Au Mozambique, une stratégie d’éducation nationale pour 5 ans est en place ainsi que le financement d’un SIPs placé sous le System-Wide Initiative des Nations Unies. Avec 2,2 millions d’enfants en âge d’aller en école primaire, le but du Mozambique est d’atteinte un taux de scolarisation de 96% dans 5 ans et de 100% au bout de 10 ans .
Ce projet a inspiré les Autorités de pays voisins tels que le Zimbabwe qui a demandé à l’Unesco et aux Nations Unies de l’aider à organiser une rencontre consultative sur l’éducation.
D’autres SIPs d’éducation sont en élaboration en Guinée, au Ghana, en Mauritanie et au Mali. Quant au Burkina Faso, c’est en 1997 qu’il a initié son programme pour une éducation de base pour tous.
La Banque Mondiale et l’Unesco font équipe avec les pays donateurs et les autres agences pour fournir un support technique et d’autres ressources.

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