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Pour l’annulation de la dette

mercredi 1er novembre 2000, par Nicolas Bégat





En Afrique, le revenu moyen par habitant est aujourd’hui plus faible qu’il ne l’était à la fin des années 60. Le revenu total des 48 pays du continent, presque 600 millions d’habitants, dépasse à peine celui de la Belgique et de ses 10 millions d’habitant. 20 ans d’ajustement structurel, avec pour principal objectif la restauration des capacités de remboursement de ces pays en crise et la libéralisation des économies, ont accentué la détérioration des conditions de vie des couches les plus fragiles de la population. Certes, la dette n’est pas, en Afrique comme ailleurs, la raison unique de la pauvreté, du renforcement des inégalités et du blocage du développement. Mais elle les résume et les amplifie. Trop souvent, le remboursement de la dette prime sur les besoins vitaux des populations et hypothèque toute perspective de développement. Ainsi, en 1998, la dette extérieure totale de l’Afrique sub-saharienne atteignait près de 210 milliards de $, soit 68% du PNB du continent ou encore 370 $ par habitant, pour un PNB annuel moyen par habitant (hors Afrique du Sud) inférieur à 320 $. Cette même année 1998, l’Afrique sub-saharienne a payé, au titre du service de la dette, 14,1 milliards de $, près du double de toutes ses dépenses publiques de santé.
Une déclaration portant sur la lutte contre la pauvreté et sur l’annulation de la dette extérieure de la république démocratique du Congo a été adoptée le 19 août 2000 par le Conseil National des ONG de Développement de la République démocratique du Congo. Cette déclaration est la première d’une longue série qui devrait déjà être complétée lors des rencontres Dakar2000, du 11 au 17 décembre 2000.
Personne n’est censé ignorer que la dette touche plus particulièrement les femmes et les petites filles : pénurie de soins, non accès à l’éducation, esclavage, violences domestiques, prostitution... Autant de facteurs non pris en charge qui les enfonce davantage dans la pauvreté.

P.-S.

Joelle Palmieri

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