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Des sources du savoir aux médicaments du futur

mardi 1er février 2000, par Nicolas Bégat


Les 11, 12 et 13 mai 2 000, se tiendra à Metz le 4è Congrès Européen d’Ethnopharmacologie. La Société Française d’Ethnopharmacologie ne se contente pas de vérifier et optimiser les effets des plantes médicinales utilisées traditionnellement aux quatre coins du monde. Elle propose un véritable échange des savoirs, qui bouleverseraient les rapports Nord-Sud. Jacques Fleurentin nous expose les questions qui seront soulevées lors du Congrès, et les enjeux de la discipline qu’il pratique et défend.

Nous savons que les connaissances sur les plantes médicinales se sont transmises de génération en génération au travers des civilisations depuis plusieurs milliers d’années. Nous pouvons retracer le cheminement de ce savoir au travers des ouvrages anciens des grandes médecines savantes : chinoise, indienne, grecque et arabe.
Les historiens remontent le temps jusqu’à la naissance de l’écriture : des plantes thérapeutiques étaient décrites sur les tablettes d’argile en Mésopotamie et sur des papyrus à l’époque pharaonique.
Mais les hommes préhistoriques utilisaient-t-ils les plantes médicinales ? Les premiers résultats de ce nouveau thème de recherche seront présentés à ce congrès.

Origine des pharmacopées traditionnelles

Dans les sociétés de tradition orale, l’absence de références écrites complique la recherche sur les sources de la connaissance ; plusieurs hypothèses font apparaître qu’une partie des savoirs pourrait être acquise par d’autres moyens que l’apprentissage : le rêve, la transe, la méditation et l’usage de plantes psychotropes.

Chez les animaux sauvages l’automédication existe-t-elle ?

Là aussi des recherches récentes nous montreront comment les chimpanzés se soignent avec des plantes médicinales efficaces pour éliminer les parasites intestinaux et comment ils détiennent cette connaissance.
L’homme s’est-il inspiré de l’automédication animale pour se soigner ?

La pharmacopée traditionnelle chinoise

La Chine a su faire coexister médecine moderne et médecine traditionnelle. Depuis 2000 ans la médecine traditionnelle est pratiquée et reconnue en Chine ; elle est structurée et enseignée dans 27 universités et dispensée dans 2 500 hopitaux qui couvrent 10 % des besoins urbains et 30 % des besoins ruraux.
La participation officielle des autorités chinoises contribue à approfondir nos liens avec cette grande médecine traditionnelle.

Les médicaments du XXIème siècle

Quelle sera la place des médicaments à base de plantes au XXIème siècle ? Médicaments ou compléments alimentaires ? La réglementation européenne jouera un rôle déterminant dans les investissements et le développement de ces phytomédicaments. Les plantes de la pharmacopée chinoise pourront-elles s’intégrer dans la pharmacopée française ?

Pour un développement durable

Comment favoriser le développement des médicaments à base de plantes issues des ressources naturelles ? 20 % seulement des habitants de notre planète ont accès aux soins modernes alors que le développement de phytomédicaments pourrait couvrir une partie des besoins. Chaque année un millier de travaux de recherche en pharmacologie, en chimie et en clinique confirment l’efficacité thérapeutique des plantes utilisées par les médecines traditionnelles. Leur développement est pourtant très limité, en Afrique et en Amérique du Sud pour des raisons réglementaires et économiques car les populations ne sont pas solvables.

La brevetabilité du vivant

La brevetabilité des propriétés des molécules d’origine végétale issues des médecines traditionnelles est-elle compatible avec le développement des phytomédicaments ? Les brevets déposés pour interdire l’exploitation de médicaments traditionnels par d’autres ne peuvent être aceptés sans partage. L’application de la Convention de Rio sur la diversité biologique et de la Convention de Washington sur la protection des espèces menacées de disparition devrait permettre de mieux gérer les ressources naturelles et d’équilibrer les rapports économiques nord-sud.

Dr. Jacques Fleurentin

(Société Française d’Ethnopharmacologie - 1, rue des Récollets - 57000 Metz
Tel / Fax : 33 3 87 74 88 89 / Email : sfe-see@wanadoo.fr)



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