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Santé et éducation sacrifiées

samedi 1er janvier 2000, par Nicolas Bégat

La dialectique entre course à l’armement et naissance de conflits armés est difficile à cerner. Ce qui est certain, c’est que les guerres coûtent cher. Pour pouvoir payer les armes, les Etats doivent gérer leurs budgets et faire des choix. En Asie ou en Afrique, les première lignes sacrifiées sont celles de l’éducation et la santé. Mais c’est l’histoire du chien qui se mord la queue. Sans éducation et en mauvaise santé, un peuple a du mal à résister mais aussi à assurer un développement durable nécessaire à la prospérité de son pays.
Selon Andrée Michel, " les 526$ US consacrés par an et par habitant aux dépenses militaires par les pays industrialisés ne représentent que le tiers (33%) de la totalité de leurs dépenses d’éducation et de santé (ce qui est déjà énorme) tandis que les 35$ par an et par habitant consacrés par les pays en développement aux dépenses militaires - soit une somme seize fois moins élevée - constituent 63% de la totalité de leurs dépenses d’éducation et de santé. ". Comment imaginer alors la fin des conflits ?
Selon l’Unicef, pour 8000F dépensés par an et par élève dans les pays industrialisés, seuls 5F/an sont alloués aux petits Africains ou Asiatiques. Sur 140 millions d’enfants de 6 à 11 ans non scolarisés, les deux tiers sont des fillettes. Maternités précoces, mortalités maternelle et infantile grimpantes, n’en sont que les conséquences les plus évidentes. En Inde comme au Pakistan, tous deux équipés de la bombe nucléaire, les hommes sont deux fois plus alphabétisés que les femmes. En même temps, les dépenses en armement du Pakistan et de l’Inde représentent respectivement 125% et 65% des dépenses d’éducation et de santé. A ce rythme, les femmes représentent 83% des pauvres de la planète et 66% de ses analphabètes.
Indépendamment des considérations budgétaires, les déplacements de population s’ajoutent à la liste des causes d’aggravation de l’analphabétisation et de la pauvreté des enfants et des femmes. Au Kosovo mais aussi au Sierra Leone, les enfants ont vu de fait leur scolarité interrompue. Cet engrenage débouche tout naturellement sur le travail des enfants, voire leur esclavage.

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