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« L’inceste : comment survivre » : un réseau de soutien et d’actions

samedi 1er septembre 2001, par Nicolas Bégat



Isabelle, survivante de l’inceste, a créé il y a un et demi un site personnel parce qu’elle ne trouvait sur le net rien de ce dont elle avait un urgent besoin : pas de ressources, pas d’adresses, pas de contacts.


Elle a donc elle-même cherché, trouvé et mis en ligne les ressources : point sur la juridiction, renseignements pratiques, bibliographie, liens vers des sites psy... Le tout extrêmement bien nourri et commode d’accès.

Des forums et des chats

Très vite, d’autres victimes de l’inceste sont entrées en contact avec elles pour confirmer que, oui, la création de ce site était indispensable.
Isabelle, qui vivait alors dans une situation de co-dépendance avec un alcoolique, participait à des forums dans le cadre du réseau Al-Anon, regroupant des proches d’alcooliques. La co-dépendance faisant partie des symptômes fréquents chez les victimes de l’inceste, c’est par ce biais qu’elle a rencontré des survivants. Un groupe d’entraide s’est créé.
Le réseau compte actuellement deux groupes virtuels, qui suivent les mêmes règles et le même programme que les Survivants de l’Inceste Anonyme (SIA). Ce programme en 12 étapes a été mis au point par les Alcooliques Anonymes il y a un demi-siècle, et repris et adapté depuis par de multiples fraternités de personnes désireuses d’en finir avec une dépendance. Les groupes virtuels fonctionnent par échanges d’emails ; les listes sont limitées à 35 personnes. Il n’y a pas de « chef » : chacun rend à son tour le service de proposer un thème et de modérer le débat.
On trouve par ailleurs sur le site 4 forums de discussion. Un est réservé aux survivants et à leurs proches. Un deuxième uniquement aux proches (par « proches », on entend les personnes faisant partie de la vie actuelle des survivants, qui les aiment et les soutiennent ; en sont bien sûr exclus les abuseurs.). Un troisième, en gestation, sera destiné aux professionnels concernés. Si sur ces trois forums, les messages sont consultables par tous les visiteur-ses (qui ne peuvent néanmoins pas intervenir), le dernier est privé, installé sur la communauté virtuel à l’usage exclusif des membres.
La communauté virtuelle dispose aussi d’un chat ouvert en permanence, tandis qu’un autre chat destiné aux survivants et leurs proches est ouvert deux heures par semaine.

Une association pour agir

Ce développement rapide s’est, explique Isabelle, imposé de lui-même. Il a débouché sur des rencontres non virtuelles, et la création d’une association.
L’Association Internationale des Victimes de l’Inceste (AIVI) est essentiellement francophone. Elle s’est créée à partir de rencontres virtuelles avec des Canadiennes (la législation du Canada est plus avancée que la nôtre en ce qui concerne l’inceste). La branche française se réunit tous les 15 jours, et espère pouvoir bientôt assurer une permanence. Elle prend en charge d’autres survivants, les aide dans leurs démarches...et s’efforce d’amener le débat sur la place publique.
Se doter d’une structure permet de militer, d’interpeller les pouvoirs publics, d’émettre des propositions. Dans les projets d’Isabelle, il y a aussi la mise en place de formations pour les professionnels concernés, travailleurs sociaux, médecins, psys.

Pour en savoir plus

L’inceste : comment surVivre ? : http://www.inceste.org
Association Internationale des Victimes de l’Inceste : http://aivi.org
Survivants de l’Inceste Anonymes : http://www.sia-ctw.net

P.-S.

Naïri Nahapétian, de Place Publique

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