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Racines : un réseau pour les écolos en herbe

jeudi 1er mars 2001, par Nicolas Bégat


Le réseau « Racines » fédère des exploitant-es de l’Hérault, du Gard, de la Lozère et de l’Aude, dans différentes filières, qui accueillent des scolaires pour leur faire découvrir une agriculture respectueuse de l’environnement, tant humain que naturel.


Les membres du réseau se rassemblent sous des convictions et des objectifs communs, que résume une Charte. Il ne s’agit pas ici de proposer d’aimables sorties de fin d’année - mais de montrer aux enfants qu’il existe une façon d’exploiter la terre tout en la respectant. Donc, on présente l’exploitation telle qu’elle est : pas question d’aménagements spécifiques. Les enfants découvrent la réalité du travail, parce qu’ils sont accueillis par des gens dont l’agriculture est le métier, et qui entendent aussi le défendre en leur faisant partager leur passion. La visite se déroule obligatoirement dans le cadre d’un projet éducatif, conçu et soutenu par les enseignants : découverte de l’environnement, des animaux, ou éducation au goût, avec la fabrication du fromage par exemple.
Quand ils ne travaillent pas dans le bio, les membres de « Racines »pratiquent une agriculture respectueuse de la nature. La participation financière qu’ils demandent aux écoles couvrant à peine leurs frais de communication, et certainement pas leur investissement en temps, il s’agit pour eux d’un engagement bien davantage que d’une activité annexe.

Quelle pédagogie pour quel avenir ?

Les enfants qui en ont déjà profité, en sont sortis fort satisfaits. Ils étaient en général conduits par des enseignants convaincus de l’intérêt de la démarche. Reste à entraîner les autres.
Dans le Finistère, le réseau des fermes-écoles, conçu sur les mêmes bases, fonctionne remarquablement grâce à une bonne synergie entre le CIVAM (Centre d’Initiative et de Valorisation de l’Agriculture et du Milieu rural) concerné et l’Education Nationale. Ici, le Conseil Général apporte son soutien financier, mais le soutien logistique du rectorat, en dépit de l’agrément E.N., laisse à désirer. Les membres de « Racines » doivent concevoir leurs propres outils de communication, et les faire circuler. Pas facile de lutter avec les propositions des multinationales de l’agroalimentaire, gratuites et copieuses en matériel pédagogique bien étudié pour séduire. Le choix se situe dans l’apprentissage qu’on souhaite pour les enfants : celui de citoyen-ne ou celui de consommateur.
On aurait pu craindre qu’un réseau préoccupé d’éducation compte peu d’hommes, mais ils sont à « Racines » pratiquement aussi nombreux que les femmes. Et, autre point fondamental dans une pédagogie progressiste, ils assument à part égale la relation aux enfants.

P.-S.

Dominique Foufelle

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