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Europe : des politiques contre l’exclusion peu sexuées

vendredi 1er juin 2001, par Nicolas Bégat

Dans les plans nationaux qui viennent d’être soumis à la Commission européenne par chaque Etat membre, il y a ridiculement peu d’engagements pour lutter contre la pauvreté et l ’exclusion sociale vécues par des femmes.

Après avoir été bloquées pendant des années aux niveau européen, des initiatives communes pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale ont enfin été adoptées à Nice par les Etats membres de la Commission européenne. Les chefs d’Etat se sont mis d’accord sur une stratégie commune pour lutter contre l’exclusion sociale, incluant la mise ne place de plans nationaux d’action pour l’inclusion sociale. En outre, le Parlement européen vient d’adopter un Programme d’action européenne qui fait partie des engagements intensifiés au niveau européen pour contrecarrer les inégalités croissantes entre les citoyen-nes europé-ens.

Femmes invisibles
Dans les Etats membres de l’Union, les femmes, qu’elles aient ou non un emploi, qu’elles soient jeunes ou âgées, se trouvent dans une insécurité de vie nettement plus grande que les hommes, et courent un plus grand risque que les hommes d’être frappées par la pauvreté.
Le manque d’actions n’est cependant pas une surprise, car l’UE a seulement pratiqué sa politique d’appui pour l’intégration de la dimension de l’égalité femmes-hommes dans le préambule. Cela évite bien sûr de se " prendre la tête " avec des analyses de genre à Bruxelles. Mais pire encore, prendre des mesures visant à lutter contre la pauvreté des femmes en Europe n’inspire apparemment pas les politiciens au niveau national. Au lieu de parler des individu-es, les statistiques et indicateurs préfèrent se focaliser sur la notion de " ménage ". Par conséquent, la pauvreté des femmes est largement rendue invisible.
On constate donc peu ou pas d’actions pour améliorer la situation des familles monoparentales, peu d’engagements pour améliorer la situation des femmes âgées, et surtout aucun engagement dans l’éducation et la santé qui ciblent les femmes dans le besoin. Ce processus n’est qu’un début, nous dit-on : bon ! attendons que les responsables au niveau européen, ainsi qu’au niveau national, se mettent à réfléchir et agir avec une perspective d’égalité femmes-hommes renforcée dans leurs stratégies contre l’exclusion sociale.

P.-S.

Malin Björk

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