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Un Fonds d’épargne solidaire

vendredi 1er juin 2001, par Nicolas Bégat

Né il y a un peu plus d’un an, le Fonds communautaire, situé dans les mêmes locaux que COMSEP et ECOF à Trois-Rivières au Québec, propose à la fois un système d’épargne solidaire ou de placement éthique à la population et une source de financement à faible coût pour les porteurs de projets rejetés du marché financier traditionnel. Le bilan est d’ores et déjà positif puisque les emprunteurs, essentiellement des femmes, sont aujourd’hui des entreprises pérennes.

Dépendant directement d’ECOF, le Fonds communautaire est né en janvier 2000. Il s’adresse exclusivement à toutes les personnes qui ont des projets individuels ou collectifs qui n’ont pas accès aux formes de crédit conventionnelles, parce qu’elles n’ont pas de caution, pas de ressources propres, parce qu’elles ont déjà fait faillite...La majorité sont des femmes.
Les taux d’intérêt consentis par le Fonds aux emprunteurs est basé sur le taux préférentiel en vigueur au Québec qui est de 6,5%. S’ajoutent à ce taux de base un intérêt solidaire de 1,2% qui est réinvesti dans le capital, et 3% qui sont consacrés à la gestion. Ce qui ramène le taux à risque cédé à 12% alors que la moyenne nationale atteint 15%. Par ailleurs, les modalités de remboursement sont très flexibles. Les pénalités de paiement n’existent pas. Les emprunteurs peuvent bénéficier d’une franchise allant jusqu’à six mois et les échéanciers peuvent être négociés en fonction des difficultés de développement rencontrées. Ces renégociations donnent en fait l’occasion de connaître la santé de l’entreprise et d’apporter un soutien de gestion.
Le Fonds organise également en dehors des suivis personnalisés des cercles d’emplois qui durent neuf semaines et qui ont pour objet de confronter plusieurs entrepreneurs pour qu’ils échangent expériences, difficultés, solutions... Chaque entrepreneur devient coresponsable du projet de l’autre. Tous ont donc intérêt à bien monter le projet d’entreprise et son plan de développement.

Une réussite nationale
Le taux de réussite est de 100%, ce qui signifie que chaque emprunteur a pu rembourser l’intégralité de son prêt. Sachant que la totalité des prêts octroyés par le Fonds peuvent aller jusqu’à 1,5 millions de dollars canadiens par an, le risque était majeur. Mais le Fonds ne se considère en aucun cas comme une institution financière. Il n’est d’ailleurs pas reconnu comme tel. C’est une organisation communautaire qui fait partie d’un regroupement fédéral de quinze membres au Québec. Il opère avec une seule permanente et est dirigé de façon collégiale par un Conseil d’administration composé de spécialistes de l’économique, du social, du communautaire et des syndicats.
L’épargne provient d’ailleurs de la population, des syndicats, des communautés religieuses, des groupes associatifs qui placent ainsi leur argent. La totalité des investissements est réinvestie dans les projets. Les bailleurs de fonds perçoivent en retour un intérêt solidaire qui s’élève à 4%.
De fait, le Fonds stimule l’entreprenariat et s’est donné comme mission d’accompagner les projets. Business plans, études de marchés, suivis de développement, politiques marketing, communication institutionnelle... autant de concepts qui pourraient en rebuter plus d’une, font partie de la panoplie des aides qu’apporte le Fonds. En somme, le Fonds représente, selon sa coordinatrice, une « mini-chambre de commerce ».

P.-S.

Joelle Palmieri

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